« Bienvenue sur Internet » ou comment débarquer dans le clip des 4 ans de Salut les Geeks

Si tu t’es hasardé à cliquer sur cet article, toi, derrière ton écran, c’est que forcément tu connais l’émission Salut les Geeks présentée par Mathieu Sommet, je me trompe ? On se tape des bonnes barres en regardant ses vidéos, hein ?

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas cette webchronique (oui, il y en a, on ne les juge pas), eh bien le concept est simple. Mathieu Sommet se charge de commenter des vidéos virales qu’il trouve sur le net, le tout avec beaucoup d’humour. En bref, il fait de la review de vidéos de façon satirique.
Il est le premier youtuber à reprendre sur la toile française le concept mis en place par le vidéaste américain Ray William Johnson avec son émission Equals Three.

Tout le charme de l’émission repose bien évidemment sur le jeu d’acteur de Mathieu Sommet, car, il présente ses vidéos non pas seul, mais accompagné de quatre autres personnages qu’il incarne à tour de rôle.

Le Hippie : pacifiste, planant H24 sous on ne sait quelle substance illégale
Le Geek : petit garçon constamment persécuté par les autres personnages (c’est mon chouchou <3)
Le Patron : une espèce de pervers absolument immonde, mais ô combien génial
Maître Panda : auteur de « l’instant panda » qui clôt chaque épisode de SLG, en chanson

Aujourd’hui c’est plus de 1 200 000 personnes qui suivent Mathieu Sommet sur sa chaîne Youtube, et on les comprend. SLG c’est 92 épisodes de pure marrade, et ça fait 4 ans que ça dure. Une véritable prouesse!
Vous vous rendez compte ? 92 épisodes dans un format relativement conservé et toujours autant de succès ? Il faut dire, Mathieu Sommet fait bien attention à ce que son émission ne s’essouffle pas, et à l’améliorer d’épisode en épisode, que ce soit sur la qualité, ou sur le contenu, avec des sujets plus matures et plus réfléchis. Et ça marche!

Comme tu l’as lu plus haut, SLG c’est 4 ans d’amour et de rires, et comme la tradition de l’émission l’exige, pour fêter l’anniversaire, le 11 mars, Mathieu Sommet a écrit une chanson, et a offert un clip à ses abonnés. Clip que voici :

Et cette année, coup de maître, Mathieu a décidé de faire participer une vingtaine de ses fans à sa vidéo. Hais-moi, j’en fais partie.
Allez, je te raconte un peu ma journée du 10 mars dernier, ouvre grand tes mirettes, sers-toi un coca, prends des gâteaux et pose-toi.

COMMENT JE SUIS ARRIVÉE LÀ ?

Lundi 9 mars, je suis en cours de « droit de la nationalité française »… Enfin non, je suis sur facebook pour être honnête, parce que ce cours est TOUT sauf passionnant. Bref. Je suis sur facebook lorsque je vois un post de la page Salut les Geeks poper sur mon fil d’actualité. Post ci-dessous :

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Je me dis que sa démarche est trop cool. Ce n’est pas tous les youtubers qui invitent des fans à participer à l’une de leurs vidéos. Je suis vraiment tentée d’envoyer un mail, mais il a publié ce post il y a une demi-heure, il a dû recevoir plusieurs centaines de mails (au moins), jamais je n’aurai la chance d’être prise.
Et, de toi à moi, j’hésite aussi. Il faut pouvoir assumer un passage dans SLG… Une vidéo de l’émission c’est en moyenne 1 000 000 de vues. Mon faciès vu 1 000 000 fois… argh, je ne sais pas si j’en suis capable.
Mais, au final, je me dis qu’on ne vit qu’une fois alors histoire de ne pas regretter, j’envoie un mail complètement à l’arrache, sans grand espoir d’être retenue. *YOLO MODE:ON*

Mail que voici :

Mail-SLG

Oui, j’ai bien signé par « Du Love et des poils de chats ».

Après deux heures sans nouvelles, je me dis que c’est mort. Pas de regret, au moins j’aurais essayé. C’est quand j’abandonne tout espoir d’être sélectionnée que je reçois un mail de « Mathieu LOL » (enfin ça s’est affiché comme ça sur mon portable hein) dont voici le début :

reponse-SLG

Je stoppe net devant mon écran. Je relis au moins 5 fois le mail pour bien imprimer le contenu. Je réalise enfin, et je retiens un cri de joie. J’ai été sélectionnée !
Faut croire que Mathieu kiffe les poils de chat et le love.


Apparemment

LE TOURNAGE

J’arrive un quart d’heure à l’avance au lieu de rendez-vous indiqué dans le mail. Il s’agit d’un bar-concert, dans le XXe arrondissement, un petit groupe de personnes est déjà présent et parmi elles… Mathieu Sommet ! Ça fait tellement bizarre de le voir en face à face, et pas encadré par une page youtube. C’est irréel tant c’est réel (ouais, tu m’as comprise).

J’espère juste qu’il est aussi sympa que dans ses vidéos, et dans les quelques interviews que j’ai vues de lui, et bonne surprise (enfin « surprise », je m’y attendais, hein), il est aussi cool qu’il le laisse entr’apercevoir sur la toile. Il fait bien attention à nous saluer tous, et, summum de la coolitude, il a même acheté de la bouffe et des boissons pour qu’on tienne le coup. Des chips, des bonbons, du soda…. On dirait une boom comme quand j’avais 13 ans.

Au début, la vingtaine de figurants qui a été choisie n’ose pas trop prendre ses marques, on est tous un peu intimidés par la situation. En voyant le staff s’activer à tout installer autour de nous, on prend conscience qu’on est là, certes pour rigoler, mais avant toutes choses, pour aider Mathieu à faire la vidéo la plus épique qu’il soit.
Rapidement, on se détend et on commence à faire tous connaissance. On vient de tous milieux : un danseur classique, une nana qui fait du design, un mec qui cherche du boulot, un comédien, une étudiante en droit, une autre en stylisme… Bizarrement, tous ensemble on passe bien, que ce soit dans le feeling, ou encore dans nos looks.

L’ambiance est bon enfant, je m’éclate. Mathieu est super drôle, son équipe grave sympa. Mais ce qui m’impressionne le plus, ce n’est pas d’être en face de Mathieu Sommet ou encore de tourner une vidéo de SLG. Non, ce que j’admire vraiment c’est le professionnalisme de tous. Quand on voit tout le travail et le matériel que demande une de ses vidéos, on prend réellement conscience de la dimension professionnelle de l’émission. Et ça, posé derrière son écran, on ne s’en rend pas forcément compte.
SLG ce n’est pas juste un mec devant une caméra tout seul à faire le con pour faire rire son public, non ! Une vidéo c’est d’abord écrit, pensé, cadré, la lumière bien orientée, les (oui « les ») caméras parées, une équipe douée et qui sait ce qu’elle fait.


Si. Il est carrément pro, ce garçon.

Alexis, le partenaire de Mathieu Sommet sur SLG au niveau du son, est un guitariste de talent. La musique de Bienvenue sur Internet , c’est lui qui l’a écrite de A à Z. Et lorsqu’on ne tourne pas, il joue de la gratte comme ça, tranquillement, et, QU’EST-CE QU’IL EST DOUÉ. D’ailleurs, il a un groupe : Lloyd project, et je vous recommande vivement d’en faire profiter vos oreilles.

Mathieu enchaîne les prises, et le voir passer d’un personnage à un autre, juste en enfilant un costume, c’est surréel. C’est en le voyant en action qu’on se rend compte vraiment de ses talents de comédien.

Ce qui est fascinant aussi, c’est la passion qui l’anime. Pendant tout l’après-midi du tournage, il se donne à 400 %, et même si au fil des heures, on voit que la fatigue prend de plus en plus le dessus, il ne lâche pas. Faut dire, on sent qu’il aime ce qu’il fait, on ne peut que se sentir boostés et motivés.

LE PLAN ÉPIQUE

Mathieu nous avait demandé dans son mail de sélection d’apporter des lunettes de soleil pour un plan spécial avec le patron. Jusque-là rien de bien méchant. Par contre, quand il nous a expliqué son idée de faire une horde de nanas entourant le patron tandis que lui tenait en otage un mec, menotté, je me suis dit : « What ? »

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Je ne peux pas vous dire combien c’est perturbant de devoir toucher Mathieu Sommet tout en le regardant comme si je voulais en faire mon 4h. C’EST SUPER GÊNANT, VRAIMENT. Et je pense que les autres filles qui ont tourné la scène seront unanimes sur la question. Mais aussi sur le fait que c’était très très drôle.

L’APRÈS TOURNAGE

Une fois que toutes les prises ont été enregistrées et jugées bonnes, Mathieu se permet de souffler. On voit qu’il est crevé, mais il tient à ce que tous les figurants aient leurs autographes et leurs petites photos avec lui. Quand je me fais photographier, je le préviens que je fais une grimace, il en fait une aussi du coup. Et quand il me demande mon prénom, je lui épelle, le taquinant en disant qu’il peut désormais arrêter les vidéos et se reconvertir en barista chez Starbucks. Il rigole à ma blague nulle : il est vraiment trop cool (ou très fatigué parce que ma blague était vraiment naze).

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#lafatiguesurnosvisages #mescheveux #cettequalitédefolie #quandjefaisdesgrimacesjenerigolepas

Il nous remercie tous un à un d’avoir participé aux 4 ans, et nous on le remercie encore de nous avoir sélectionnés. Certains ont l’espoir (pas si) secret d’aller boire une bière avec lui mais, bon, franchement rien qu’à voir sa tête, je me doute qu’il a juste envie de rentrer chez lui, et de se faire offrir une ronron thérapie par Wifi, son chat d’amour.
On ne peut pas lui en vouloir, et on peut le comprendre parce que, mine de rien, on se sent tous un peu crevés. Tourner c’est épuisant, en tant que figurant, alors pour lui, ça devait être carrément éreintant.

Tandis que certains figurants sont restés ensemble pour aller boire un coup, j’ai fait la bise à tous ceux qui n’étaient pas encore partis et je me suis doucement éloignée pour rentrer tranquillement chez moi, obligations obligent.
Je crois que je n’ai pas vraiment réalisé ce qui s’était passé jusqu’à ce que Mathieu poste cette photo sur sa page facebook et son twitter.

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On ne voit que mes cheveux (de toutes manières, on les voit toujours plus que moi, surtout dans le clip d’ailleurs), mais C’EST MON CRÂNE QU’ON VOIT. LE MIEN. AHAHA. C’ÉTAIT REAL, IT HAPPENED.

LE MOT DE LA FIN

J’ai eu tellement de chance que je n’en reviens pas. Je suis tellement respectueuse de ce que fait Mathieu Sommet avec Salut les Geeks, que ce soit niveau création, technique et contenu, que je suis encore abasourdie d’avoir participé au tournage du clip de ses quatre ans. C’était tout simplement incroyable d’être plongée dans cet univers que j’aime tant, et d’en faire partie le temps d’une vidéo. J’ai rencontré des gens trop sympas, et c’était trop cool tout simplement. J’ai encore des étoiles plein les yeux, et de l’amour plein le cœur.

Merci à Mathieu, à toute son équipe, et aux autres figurants pour ces jolis souvenirs.
Longue vie à SLG, et gloire au panda !

Love et poils de chat.

Sora

L’exposition Harry Potter pose enfin ses bagages et sortilèges chez nous !

En tout bon fan d’Harry Potter qui se respecte, vous avez été forcément déçu le jour de vos onze ans, lorsque vous avez fini par comprendre qu’Hagrid ne viendrait pas vous délivrer en personne votre lettre d’admission à Poudlard. Personnellement, je pense que mon hibou a fait grève, que ma vie de moldue n’est que pure injustice, et que ma scolarité de sorcière reste encore à faire. Si vous faites vous aussi partie de cette catégorie de gens victimes des hiboux en grève ou d’un Hagrid trop flemmard, n’ayez crainte, vous pourrez bientôt retourner « à la maison » comme le dit si joliment J.K. Rowling lorsqu’elle parle de son école de sorcellerie.

En effet, après avoir séduit le cœur des Américains, des Australiens, des Japonais, des Canadiens, et des Suisses, l’exposition Harry Potter débarque enfin chez nous, à la Cité du Cinéma de Saint-Denis ! Pour le moment, ce sont nos voisins germaniques qui peuvent en profiter (les veinards !) mais dès le 4 avril prochain, ce sera notre tour !

hp1Est-ce que je suis la seule à entendre la musique des films en voyant cette image ?

L’exposition Harry Potter c’est 2000 m2 qui vous promettent la balade la plus magique de toute votre vie. Grande Salle, Poudlard Express, Forêt Interdite, cabane d’Hagrid (l’occasion de lui demander POURQUOI BON DIEU IL NE VOUS A PAS LIVRÉ VOTRE LETTRE), dortoirs et j’en passe, cette exposition vous promet frissons en tout genre. Et le plus merveilleux dans tout ça, c’est que vous ne serez pas en présence de vulgaires duplicatas mais des décors, costumes et accessoires officiels qui sortent tout droit de nos films préférés ! (Oui, la carte du Maraudeur que vous y verrez, c’est la vraie)

 

hp2POURQUOI HAGRID ? POURQUOI ?

J’ai l’immense chance de faire partie des trois millions de spectateurs déjà conquis par cette exposition, puisque j’ai eu l’occasion de la voir lorsque j’étais sur Tokyo en septembre 2013. Aussi, je préfère rester vague quant aux détails qu’offre cette merveille, je n’aimerais pas gâcher le plaisir que vous aurez lorsque vous découvrirez tout ce que cette exposition a à offrir. Néanmoins, je peux juste vous révéler une chose, l’exposition commence avec un chapeau, peut-être même que ce chapeau parle, et peut-être même qu’il vous répartira dans une des 4 fameuses maisons.

hp4Les costumes sont authentiques, les accessoires, décors aussi… Pour ce qui est de Buck, on se pose encore la question.

… Cela ne vous suffit pas ? Si vous êtes vraiment curieux ou impatients, je peux vous en dire plus, mais ne venez pas ensuite vous plaindre à cause des spoilers ! Je vous aurais prévenus !

Le Choixpeau vous répartissant vous fait rêver ? Ce n’est que le début. L’exposition fait tout pour vous mettre dans la peau d’Harry, le temps de sa durée. A vous l’initiation aux arts mystiques des potions, mais également au Quidditch, ou encore au fameux arrachage de Mandragore dont le cri fait s’évanouir Neville dans le deuxième volet des aventures de l’apprenti sorcier (prenez avec vous des cache-oreilles, sait-on jamais !).

hp5Croyez-moi, il y avait plus d’adultes que d’enfants à s’amuser là-dessus quand j’y suis allée !

Puisque l’exposition cherche à réellement vous mettre dans la peau de votre sorcier préféré, elle ne fait pas les choses à moitié, et heureusement !

Vous le savez, la vie d’Harry n’a pas été que joie, insouciance, adolescence et sorcellerie, elle a aussi été l’œuvre d’une lutte acharnée contre les forces du mal et l’exposition nous le fait bien comprendre. Une salle toute entière est ainsi consacrée à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et ses disciples, et croyez-moi, on ne se sent pas très en sécurité devant leurs costumes.

hp6Préparez-vous à dégainer vos baguettes !

Il suffit ! Si je continue, je vais vraiment finir par tout vous dévoiler ! La dernière chose que je m’autorise à vous assurer c’est que cette exposition vaut vraiment le coup, et que vous en sortirez des étoiles plein les yeux. Alors n’hésitez pas à y faire un tour !

Tentés ? Alors n’attendez plus, vous pouvez dès maintenant réserver vos places sur http://www.ticketmaster.fr ! L’exposition sera ouverte au public de 10h30 à 19h tous les jours de la semaine, de 9h30 à 20h le samedi, le dimanche, les jours fériés et pendant les vacances scolaires. Des nocturnes seront également organisées jusqu’à 21h30 tous les premiers vendredi du mois.
Tarifs : 19,99 € (adultes), 15,99 € (4-14 ans). Tarif famille (4 personnes) : 65 €.

Sora


Dessins du studio Ghibli, l’exposition au musée Art Ludique !

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Née au Musée Ghibli de Mitaka, cette exposition a été présentée pendant six ans dans différentes villes du Japon, puis est passée par Hong Kong l’année dernière, avant d’arriver tout droit à Paris. Une exclusivité européenne à ne pas manquer !

A la suite de sa première exposition dédiée au studio Pixar, le musée Art Ludique propose une programmation plutôt subversive. Jean-Jacques Launier, son fondateur et ex-directeur de la galerie Arludik, tend à développer depuis un an un contenu en rapport avec l’animation, la bande dessinée, les jeux vidéo et les mangas. Tous ces domaines considérés depuis longtemps comme de la « culture populaire » n’avaient jusqu’alors pas d’institution où s’émanciper officiellement.

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En 2005, le musée de la Monnaie de Paris avait fait le pari de réunir des aquarelles et croquis de Miyazaki et Moebius 1, cette exposition a eu un écho retentissant et tout le monde s’en souvient encore. « L’exposition consacrée aux dessinateurs Moebius et Miyazaki, que nous avions montée à la Monnaie de Paris en 2004, avait fait 120 000 visiteurs en cinq mois », rappelle Jean-Jacques Launier. 2

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Les « poèmes dessinés de Ghibli »

Au musée Art Ludique, les visiteurs peuvent avoir accès à des pièces exclusives et uniques, sous la forme de layouts, de sculptures ou d’installations vidéo. L’exposition contient une quantité de layouts impressionnante, notamment pour Le Voyage de Chihiro, avec plus de 1 300 dessins en tout selon les organisateurs.

Tous les layouts sont des originaux présentés sous verre et certains ont une taille colossale, comme ceux établis pour un plan-séquence* dans Kiki la petite sorcière, ou encore un format kakemono vertical d’un plan en contre-plongée pour exprimer la grandeur de l’arbre qui est au centre de l’île volante du Château dans le Ciel. C’était curieux de constater que certains layouts ont été créés avant ma naissance, des petits bouts de Scotch jaunis attestent de la date de conception et donnent un cachet mystérieux à l’objet papier. On peut s’approcher suffisamment pour remarquer les détails et les annotations sur chaque dessin. Certaines notes de Miyazaki à l’attention des animateurs sont plutôt cocasses (remontrances ou félicitations). On se rend aussi compte de l’exigence drastique qui réside derrière tout ce travail.

Les visuels sont présentés à hauteur d’homme, sauf pour la dernière salle où des pans de murs entiers sont recouverts de layouts et où certains, plus en hauteur, sont parfois difficiles d’accès. Amis Hobbits vous serez prévenus !

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Layout, Le Voyage de Chihiro.

« Pour comprendre l’animation » par le layout

Le layout est une étape dessinée qui intervient après le storyboard et avant le crayonné plus poussé. Le layout définit tous les paramètres de la composition de l’image. Il permet de transmettre les indications aux animateurs et aux responsables des prises de vue. Les indications comprennent « l’emplacement des décors, [des] accessoires et personnages dans le cadre ; les mouvements de caméra, leur vitesse ». Si le storyboard constitue déjà un plan détaillé du film dans son ensemble, « le layout est une cartographie détaillée de chaque plan ».1

Un organigramme est présenté au début de l’exposition et permet de situer les layouts dans les étapes de production d’un film d’animation :

Préproduction / Planning budgétaire

Scénario

Storyboard + dessins de concept design

LAYOUT

Animation + décors + 3D (avec images clés et images intermédiaires)

Traçage et gouachage

Image numérique

Montage

Son

Fin ! 3

Vous pouvez constater que la création des layouts est bien en amont. C’est le processus de visualisation de l’idée sur le papier, mais aussi un travail graphique qui requiert un certain sens de la composition.

Une fois dessiné, le layout doit être corrigé et approuvé par le réalisateur lui-même. Selon Isao Takahata « l’artiste de layout est davantage le bras droit du réalisateur ».

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Layout, Princesse Mononoké.

Au tout début de l’exposition, on nous liste des termes techniques d’animation pointus accompagnés de leurs définitions : par exemple le « Tsuke pan : se traduit littéralement par ‘’Panoramique qui suit’’ (…) il s’agit d’un effet reproduisant le mouvement de caméra de bas en haut ou de gauche à droite (et vice-versa). »3 ou encore le Kumi : abréviation de Kumisen, terme qui désigne les portions de l’image où les personnages interagissent avec les décors. Lorsque, par exemple, une partie du personnage est cachée par le décor, ou bien lorsqu’un protagoniste traverse et brise une fenêtre.

Techniquement, pour animer une image, l’animateur pose un celluloïd (feuille transparente) par-dessus le layout et se concentre sur la zone indiquée aux traits rouges (la zone à animer), comme par exemple une balançoire. L’animateur peut appliquer plusieurs celluloïds afin de dessiner les différentes positions de la balançoire sur chacun d’eux et créer le mouvement souhaité. Plusieurs celluloïds peuvent ainsi être superposés, ce qui permet une grande économie de travail puisque toutes les parties immobiles n’ont pas à être redessinées.

Le lien entre les termes techniques relatifs aux layouts et leur application dans le processus de création par les animateurs n’est pas forcément bien illustré. On aurait aimé plus de mises en situation au sein du département des animateurs du studio Ghibli avec le suivi d’une scène bien particulière depuis le storyboard jusqu’à l’image animée pour bien comprendre la façon dont le layout est utilisé.

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Layout, Princesse Mononoké.

Cependant, le musée Art Ludique a priorisé un parcours et une présentation à première vue intéressante. Le parcours propose un suivi chronologique des films de Miyazaki et de Takahata, puis leurs films et séries conçus hors studio Ghibli mais aussi les films des autres réalisateurs du studio.

Les bons points Mageek

Les + :

  • Avec un espace de 1 000 m2, il y a beaucoup de salles, aussi, je vous conseille vivement de prendre au moins 2 heures de votre temps pour tout voir correctement.
  • La boutique propose des goodies officiels estampillés Ghibli (peut-être plus chers mais les peluches et figurines sont moins cheap que celles que l’on trouve sur certains stands à Japan Expo, et le sourire de Totoro est bien en place) mais aussi des reproductions de sérigraphies imprimées sur des pochettes plastiques transparentes de différentes tailles (clear folder en anglais).
  • Le catalogue épais de 471 pages au prix très abordable (dont 4 doubles pages pour déployer les grands dessins. Seul bémol, aucun layout pour Kiki la petite sorcière (un oubli ?). Le catalogue propose des interviews et notes d’Isao Takahata, Gorô Miyazaki et des personnages phares du studio Ghibli.
  • Vous pouvez par ailleurs regarder l’interview de Miyazaki réalisée par le musée en cliquant sur ce lien : http://vimeo.com/106901562

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Les – :

  • Audioguides sans grand intérêt (seulement pour situer les films, titres et dates pour les non-initiés du studio Ghibli).
  • Pas de photos de l’intérieur du studio d’animation ni des équipes au travail.

Cette exposition dure jusqu’au 15 mars 2015 au musée Art Ludique situé à la Cité de la Mode et du Design, 34 Quai d’Austerlitz, 75013 Paris. Métro Stalingrad.

Tarifs : 15,50 € plein tarif. Plus d’infos ici : http://artludique.com/billet.html

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Notes :

*Plan-séquence : au cinéma, un plan-séquence est une scène filmée en un seul plan qui est restituée telle quelle dans le film, c’est-à-dire sans montage.

 

  1. miyazaki-moebius.com
  2. leparisien.fr : « C’est le premier musée d’art ludique…», 15/11/2013
  3. Catalogue de l’exposition « Dessins du studio Ghibli : pour comprendre les secrets de l’animation de Takahata & Miyazaki » – ed. Art Ludique Le musée. © Studio Ghibli Inc.

Lizu