WTF?! et Magical Girl Boy

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Magical Girl Boy (série complète en 2 volumes)

Par Môkon Icchokusen. Éditeur : Akata. Prix : 7,50 euros.

La jeune Saki rêve de devenir célèbre grâce au duo d’idoles Magical Twins, qu’elle forme avec sa meilleure amie. Malheureusement, les deux filles ne rencontrent aucun succès. Soudain, débarque un yakuza bien louche, qui révèle à Saki sa véritable destinée : elle doit hériter de sa mère un fantastique pouvoir. Un pouvoir qui la transforme en magical girl… de sexe masculin !

Au commencement était la collection WTF?!

Il semblerait qu’il faille une fois de plus féliciter les éditions Akata pour leur prise de risque. En 2015, l’éditeur qui aime publier des mangas originaux, à contre-courant, a lancé la collection WTF?! On y découvre des titres comme Ladyboy vs Yakuzas, l’île du désespoir (un yakuza transformé en femme malgré lui est envoyé sur une île perdue où tout le monde essaie de coucher avec lui/elle), Magical girl of the end (le Japon est envahi par des magical girls sadiques et trash), Virgin Dog Revolution (un chien puceau débarque sur Terre pour punir l’humanité)… La palme reviendrait peut-être à la série Tu seras un saumon, mon fils où un lycéen qui se branle dans une rivière finit par engendrer Sauman, l’homme saumon !
Tout ça pour vous dire que cette collection ne semble pas avoir de limites… Sans doute qu’Akata avait bien compris l’intérêt de proposer ce genre de contenu, au moment où des émissions YouTube comme What The Cut, qui compile et commente les trouvailles vidéo les plus déjantées, faisaient un carton. Sans parler du fameux concept « What The Fuck Japon », né du choc culturel causé par la découverte, par le reste du monde,  de productions japonaises (produits de consommation, clips, publicités…) proprement hallucinantes. Internet a eu vite fait d’associer l’archipel nippon à l’insolite et à l’absurde.

Quelques autres titres de la collection WTF?!

Magical Girl Boy

Je n’ai pas eu l’occasion de lire d’autres titres de la collection WTF?! mais Magical Girl Boy me paraît idéal pour commencer en douceur. Le dessin est tout mignon, à la manière des shôjo manga, et sert bien le propos parodique.
On sent que l’auteur s’en est donné à cœur joie en proposant des personnages et des situations complètement débiles. Entre autres, j’ai fortement rigolé avec la mascotte typique des magical girls ici affublée d’une tête de yakuza véner, la meilleure amie amoureuse de l’héroïne façon Tomoko dans Sakura (mais ici légèrement obsessionnelle), le beau gosse que Saki doit sans cesse sauver et qui chante aux animaux telle une princesse Disney, les ennemis mélange de bisounours et de Musclor (à qui il pousse parfois des tentacules)…
Le tome 1 est en tous points conforme à ce à quoi je m’attendais. Le tome 2 poursuit le délire et donne une conclusion à tout ce beau bordel.
Le changement de sexe de certains personnages laissait croire qu’on aurait droit à davantage de quiproquos loufoques ou de triangles amoureux tirés par les cheveux, comme c’est le cas dans Ranma 1/2 ou dans nombre d’autres mangas où le héros change de sexe/se travestit/est hermaphrodite. Mais l’auteur a préféré, sans doute parce que la série est courte, se concentrer sur l’intrigue principale, l’invasion du monde humain par le mystérieux monde des ténèbres…

Célia

Lady Mechanika, tome 1

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Lady Mechanika, tome 1

Créé, écrit et dessiné par Joe Benitez. Couleur : Peter Steigerwald. Éditeur : Glénat Comics. Prix : 12,99 euros.

Dans un XIXe siècle rétrofuturiste sévit Lady Mechanika, sorte de super-héroïne aux prothèses mécaniques qui résout des affaires et, au passage, tatane des monstres. Au cours de l’une de ces enquêtes, elle croise le chemin d’une étrange créature qui pourrait l’amener sur la piste d’un passé oublié…

Avec sa belle cyborg à la force surhumaine et à la mémoire tronquée, le scénario est des plus classiques, rappelant entre autres le manga Gunnm ou, plus récent, la version américaine de Ghost in The Shell. Et l’écriture n’est pas exempte de défauts : par exemple, les répliques longues et ampoulées de l’héroïne contrastent avec d’autres scènes où elle se permet un langage plus commun voire familier, laissant au lecteur l’impression d’un manque de cohérence ou d’un équilibre qui se cherche encore.

Malgré tout, ce tome 1 se lit bien, dans un esprit de pur divertissement, et il devrait accrocher les mordus de steampunk, ne serait-ce que pour les dessins de Joe Benitez et les couleurs de Peter Steigerwald. Les deux artistes offrent aux lecteurs un univers somptueux, en s’inspirant de cosplays steampunk rencontrés en convention. (Par la suite, quelques cosplayeuses, dont la jeune femme ci-dessous, ont d’ailleurs cosplayé Lady Mechanika, réalisant le cosplay-d’une-tenue-qui-s’inspire-elle-même-de-cosplay !)

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Sans révolutionner le genre, Lady Mechanika a en tout cas le mérite d’avoir attribué plusieurs rôles importants à des femmes. Chose peu courante dans le steampunk, étant donné que les auteurs ont tendance à reprendre dans leurs œuvres des personnages fameux du XIXe siècle, souvent masculins. On est d’accord, ces « gentlemen extraordinaires » sont cool, mais qu’ils fassent un peu de place aux ladies 😉

Célia

The Wicked + The Divine : quand la mythologie est hype

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The Wicked + The Divine

Auteur : Gillen McKelvie et Wilson Cowles. Éditeur : Glénat Comics.
Prix : 17,50 euros.

Déjà, la couverture est plutôt jolie. Et comme il y a un sacré jeu de mots dessus, on se dit avant même d’entamer la lecture que le second degré aura un rôle dans cette histoire… Quid de l’histoire alors ? Elle reprend les codes de la fantasy urbaine, qui a le vent en poupe, mélangeant donc mythologie et monde contemporain.

Douze dieux se réincarnent tous les 90 ans sous les traits de jeunes adultes charismatiques et brillants. Au XXIe siècle, c’est tout naturellement qu’on les retrouve dans la peau de pop stars, aux airs de David Bowie, Rihanna ou encore Kanye West.
Malheureusement, dans deux ans ils devront mourir, telle est la règle.
En attendant, les foules qu’ils déchaînent et le grabuge qu’ils causent avec leurs pouvoirs tiennent en haleine de très nombreux lecteurs puisque le comics a déjà connu un succès retentissant avant de débarquer chez nous. Une adaptation en série TV est d’ailleurs sur les rails.

Les personnages sont exagérément rebelles et badass, leur façon de s’exprimer assez cliché (même s’il faut bien garder à l’esprit que tout ceci est voulu). Je n’ai pas totalement accroché à l’histoire, je l’avoue. Peut-être que je m’attendais à quelque chose de vraiment génial, au vu du succès de la série. Peut-être que je ne suis pas le cœur de cible et que cette B.D. parle davantage à un public de 15-25 ans (qui, notamment, peut s’identifier à l’héroïne).
J’attends la suite pour me faire une idée plus complète du comics. On sent tout de même que la série a un bon potentiel de délire et de WTF parce que le scénariste ne s’est pas contenté de reprendre les dieux les plus connus et de leur donner des pouvoirs et apparences trop attendus. On devrait avoir droit à quelques surprises.
Notons aussi la volonté des auteurs de présenter une diversité certaine de personnages, multiethnicité et large représentation des genres sont au rendez-vous. Un œuvre moderne et dans l’air du temps : de ceci, au moins, nous sommes certains !

Célia

Lovecraft en B.D. chez Akileos

Bonjour à toutes et tous ! On entame cette nouvelle année avec la bonne résolution de publier régulièrement quelques chroniques de livres. On vous parlera des services de presse que l’on reçoit, de nos lectures personnelles ou des ouvrages sur lesquels on aura eu l’occasion de travailler s’ils nous ont tapé dans l’œil… mais pas forcément de parutions toutes fraîches, parce qu’on lit pas mal de vieilleries aussi 😉
Allez, c’est parti pour cette première chronique de l’année !

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Lovecraft − Quatre classiques de l’horreur

Auteur : I. N. J. Culbard. Éditeur : Akileos. Prix : 29,50 euros.

Cet ouvrage regroupe les adaptations en B.D. de quatre des plus célèbres récits de Lovecraft : La Quête onirique de Kadath l’inconnue, L’Affaire Charles Dexter Ward, Les Montagnes hallucinées et Dans l’abîme du temps.
J’ai bien aimé la première, onirique comme l’histoire d’origine. Il s’agit des aventures de Randolph Carter, alter ego de Lovecraft qui voyage à l’intérieur de ses rêves (bien avant DiCaprio…). Le récit paraît décousu et les textes mystiques à souhait, comme dans un rêve en fait. Les paysages que traverse Carter nous font voyager. Le dessin reste assez sobre, parfois minimaliste, mais les couleurs changeantes d’une scène à l’autre participent à l’immersion du lecteur dans cet univers de fantasy à la fois merveilleux et inquiétant.

Je suis un peu plus réservée sur les adaptations de L’Affaire Charles Dexter Ward et des Montagnes hallucinées, qui auraient demandé plus d’ampleur, je trouve. Ce sont deux récits censés installer une ambiance sombre, voire provoquer de petits frissons, mais je n’ai pas ressenti ça dans la version B.D. Peut-être parce que les monstres n’ont pas été bien mis en valeur.

Dans l’abîme du temps, par contre, ne souffre pas de ces défauts. J’ai retrouvé exactement les mêmes impressions que dans la nouvelle originale. Les planches déroulent l’histoire avec un rythme plus contemplatif, qui sied mieux, à mon avis, à la découverte des vertigineuses et cosmiques dimensions de l’indicible.

Célia

Bitch Planet vol. 1

« Tu es non conforme ? Tu ne rentres dans aucune case ?
Tu es trop prude, trop maigre, trop effrontée, trop timide […] ou trop ce-qu’ils-ont-décidé-de-te-reprocher-aujourd’hui ? Tu pourrais bien finir sur… Bitch Planet ! »

Voilà comment la quatrième de couverture de ce premier volume de Bitch Planet nous met l’eau à la bouche : en interpelant le lecteur − et surtout la lectrice − qui se reconnaîtra probablement dans l’un de ces énoncés.

Quant à la couverture, elle affiche un air rétro remis au goût du jour, plutôt agréable à l’œil. CV-BITCH-PLANET_COVER

L’histoire

L’intrigue nous plonge dans une dystopie où le patriarcat, oppressant, semble le reflet exagéré des travers sexistes de notre société (occidentale, contemporaine).

Les femmes ne correspondant pas à l’idéal que l’on attend du beau sexe, aussi bien au niveau physique que comportemental, se voient déclarées « non conformes » et envoyées sur Bitch Planet, surnom donné à une prison qui s’occupe − à l’aide de bastonnades et d’hologrammes rose bonbon − de leur « rééducation ».

S’y ajoute le jeu pervers typique des dystopies à la Battle Royale/Hunger Games : le mégaton, une sorte de rugby aux règles plus dangereuses et fantaisistes. D’ordinaire, seules les équipes officielles se rencontrent mais, bien entendu, des types sans scrupules imaginent que la participation d’une troupe de prisonnières au championnat donnerait un petit coup de boost à leur audience.

Des choix engagés

On fait donc connaissance avec les futures participantes. Deux protagonistes se détachent du lot et, fait notable, il s’agit de deux femmes noires. L’une, le leader de l’équipe, est une sportive de haut niveau qu’il ne vaut mieux pas chercher. La seconde, obèse et grande gueule, compte bien poursuivre sa rébellion contre les standards de beauté qu’on a toujours voulu lui imposer.

Les deux héroïnes : Kamau (à gauche) et Penny (à droite).

Mais la scénariste est allée encore plus loin concernant la représentation des minorités. En effet, elle prend le contrepied de la plupart des publications américaines, faisant en sorte que les personnages blancs ne soient pas majoritaires. Et, clairement, nous ne sommes tellement pas habitués à ce genre d’initiative, que cela saute tout de suite aux yeux.

Autre proposition pleine de revendications : les petites annonces insérées entre les chapitres. Satiriques parfois jusqu’à l’absurde, elles en rajoutent une couche à propos des diktats, se moquant des injonctions à la minceur (par exemple en vantant les mérites des parasites intestinaux !).

Enfin, en bonus, l’interview des créateurs permet un éclairage sur ces prises de position et un dossier sur le féminisme confirme que cette B.D. se veut réellement éducative, fournissant des clés de lecture à travers, entre autres, les réflexions d’auteures/journalistes engagées.

Dossier-de-Presse_BITCH-PLANET-bd-2.jpgPréface de la scénariste et page de petites annonces (extrait du communiqué de presse).

En bref…

On tient là un premier volume qui promet, avec un dernier chapitre au dénouement inattendu.

Au premier abord, les personnages paraissent stéréotypés. Quand on nous présente Penny, on pense notamment au cliché de l’« angry black woman » et aux nombreuses délinquantes agressives et costaudes que l’on peut rencontrer dans les films/séries. On sent tout de même que la scénariste en avait conscience puisqu’elle s’est attachée à apporter de la profondeur à ce personnage dès le vol. 1, en creusant son passé.
Au final, malgré cet écueil, on s’attache et on s’identifie aux protagonistes.

La transposition du patriarcat et du carcan du genre tels qu’ils existent dans notre société − parfois de façon si intégrée qu’on ne les remarque plus −, en une version démesurée et dictatoriale est particulièrement réussie.

On gage que la suite devrait suivre le même chemin, au vu du succès de la série aux États-Unis. Le logo « NC » pour « non conforme » a si bien inspiré les lectrices américaines que nombre d’entre elles l’arborent maintenant sous forme de tatouage, en signe de ralliement aux idées que professe Bitch Planet.

Références :
Bitch Planet volume 1
Auteurs : KELLY SUE DeCONNICK (scénario) et VALENTINE DE LANDRO (dessins)
Éditeur : Glénat Comics
Les lecteurs se voient remettre à l’achat d’un album de Bitch Planet, le tatouage NC pour #NonConforme (#NonCompliant en anglais).
L’éditeur invite toutes les personnes volontaires ayant lu
Bitch Planet à témoigner sur leur propre vécu au moyen de ce formulaire : http://www.glenatcomics.com/bitch-planet/

Ellia

 

Midnight Special, l’ovni de 2016 !

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Une voiture roule pleins gaz dans la nuit, les phares éteints. « Tu peux fermer ta lampe Alton ? » Clap. Noir complet. Assis devant Alton, son père Roy et son ami Lucas sont stressés. Ils semblent fuir quelque chose ou quelqu’un… Le décor est planté. Musique. Si l’histoire n’est en rien comparable à Interstellar, on retrouve là l’ambiance du chef d’œuvre de Christopher Nolan. Images léchées, plans plus splendides les uns que les autres, côté mystique… Nul doute, ce « Midnight Special » a effectivement quelque chose de spécial.

La difficulté de faire une chronique sur ce film est qu’on a envie à la fois de tout vous raconter mais qu’on ne sait quoi vous raconter. Par où commencer sans trop vous spoiler. Pour faire simple, ce long métrage retrace l’histoire d’une chasse à l’homme ou plutôt d’une chasse au gamin (Alton). Le petit garçon est doté de pouvoirs spéciaux qui inquiètent les plus hautes autorités et qui fascinent les fanatiques religieux. Il lui reste trois jours pour se rendre dans un lieu précis. Mais pour quoi faire ?

En écrivant cet article, je réécoute la bande originale, musique extraordinaire de David Wingo. Tout comme certaines séquences du film, elle vous donne la chair de poule et vous laisse là, bouche bée.

Attention, si vous vous attendez à un film bourré d’effets spéciaux, en mode fin du monde, vous serez déçus. En revanche, si vous y allez comme moi sans aucun a priori, vous allez prendre une sacrée claque.

Qui es-tu Jeff Nichols ? Après avoir réalisé Take Shelter et Mud, tu viens d’inscrire ton nom dans la lignée des grands réalisateurs des années 2000. Côté premier rôle, Michael Shannon (le père, Roy) a une tête de méchant. À coup sûr, il a été embauché dans sa jeunesse pour interpréter les malfrats, tandis que Joel Edgerton a déjà été aperçu dans Exodus de Ridley Scott ou le récent Jane got a Gun, avec Natalie Portman. Le petit Alton, lui, crève l’écran. Espérons pour lui qu’il ne connaisse pas la même carrière que l’enfant star d’Hollywood, Haley Joel Osment, vu dans Sixième sens et Forrest Gump, disparu des radars aujourd’hui. Côté second rôle, il est très plaisant de voir Kirsten Dunst, mademoiselle Spiderman, et Adam Driver, alias Kylo Ren, le petit-fils de Dark Vador himself. Bref. Foncez voir ce petit bijou S.-F. de Jeff Nichols. Le vrai ovni de ce début d’année cinéma.

Fab

Jessica Jones, la nouvelle bonne recette de Hell’s Kitchen

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On l’attendait depuis un moment, Netflix l’avait teasée à mort, avec de jolis visuels picturaux et une bande-annonce où on entend David Tennant hurler « Jessicaaaa !! ».
D’ailleurs, la présence au casting de l’acteur écossais constitue déjà un argument en soi, que vous soyez une de ses fangirls acharnées, ou pas 🙂
La série se montre-t-elle à la hauteur de nos expectations ? Mageek vous donne son verdict…

By Netflix

L’estampille Netflix semble gage de qualité. La société de V.O.D., en à peine plus d’un an d’existence sur notre territoire, nous a habitués à d’excellentes créations, en termes de scénario comme de réalisation, plaçant la barre assez haut. Voici quelques exemples dont vous avez probablement entendu des échos :

Orange is the New Black, que je n’ai pas regardée mais qui, apparemment, a enthousiasmé plus d’un critique/spectateur.

Daredevil, une réussite qui a réhabilité le justicier aveugle après le désastreux film éponyme.

murdockDaredevil met en scène Matt Murdock, un avocat aveugle mais aux autres sens hyperdéveloppés, qui combat le crime, masqué.

Sense8, un programme aux qualités rares, dont nous vous avions déjà parlé ici.

Autant dire que l’annonce d’une série Marvel, se déroulant dans le même décor que Daredevil, avec UNE super-héroïne, se posait comme une promesse de valeur.

Le pitch

En gros, nous suivons les aventures de Jessica Jones, détective à la force phénoménale, qui tente de se reconstruire après s’être libérée de l’emprise de Kilgrave, un sociopathe capable de prendre le contrôle de n’importe qui. Mais celui-ci n’a pas dit son dernier mot…

Encore les mêmes ingrédients dans la cuisine infernale ?

Les événements de Jessica Jones prennent place à Hell’s Kitchen, un quartier de Manhattan, déjà centre de l’action dans Daredevil.

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Hell’s Kitchen vu par Netflix.

On y retrouve, comme attendu, la même ambiance et… le même type de personnages : héros/héroïne changé par un accident, de ce fait doté de fantastiques pouvoirs pour faire régner la justice, bons samaritains amis du héros, en apparence trop fragiles pour lutter mais qui se surpasseront…

Comme autre point commun, on peut citer l’importance des affaires légales dans l’intrigue et, notamment, la victime d’erreur judiciaire, par qui tout commence. Mais pas de blagounette sur les avocats, cette fois !

Et puis, comme Daredevil, Jessica Jones mise autant sur son villain que sur son héros pour conquérir le public : en matière de charisme, Kilgrave n’a rien à envier à Fisk.

jessica-jones-smallJessica et Kilgrave : une relation ambiguë qui vous tiendra en haleine…

Le background Marvel

Jessica Jones, c’est avant tout une héroïne de la maison Marvel. Des anecdotes, dans les premiers épisodes, nous rappellent que nous nous situons après l’attaque des Chitauris (les envahisseurs dans Avengers). Ainsi, monsieur tout le monde est au courant de l’existence des super-héros. Pourtant, à l’instar de Daredevil, Jessica Jones se concentre sur des enjeux plus locaux que la défense de la Terre, et les pouvoirs des protagonistes se retrouvent du coup réduits à la même échelle. Si Jessica possède une force surhumaine, elle se la joue plus discrète que Hulk : elle défonce des portes, et non des porte-avions…

Netflix prévoit deux autres séries en collaboration avec Marvel (Luke Cage et Iron Fist), qui, réunies à Jessica Jones et Daredevil, devraient aboutir à un ultime cross-over, The Defenders.

Et si ces nouveaux personnages s’incrustaient dans Avengers ? Jessica ne pourrait-elle pas rejoindre la fine équipe, comme dans les comics ? Cela permettrait en tout cas d’apaiser les critiques qui réclament plus de parité dans la saga à succès.

Les personnages

On attendait depuis longtemps un personnage tel que Jessica Jones : une super-héroïne actuelle, sans combi moulante sexy. Comme Matt dans pratiquement toute la première saison de Daredevil, elle ne porte pas de costume. Elle combat son ennemi comme elle est : une femme dans la trentaine avec un look d’ado jean déchiré, mitaines, perfecto et vieux sweat −, alcoolique et bourrue.

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Le physique de l’actrice (Krysten Ritter), plutôt menu, contraste avec la force herculéenne de Jessica et elle se révèle très convaincante, dans un rôle qu’on trouverait cliché pour un homme mais inhabituel pour une femme : celui du détective désabusé.

Quelques personnages interviennent de façon récurrente : Luke Cage, barman coriace pour qui Jessica a un faible (une série Netflix lui sera dédiée) ; Trish, la meilleure amie B.C.B.G. de Jessica (nouvelle version de la justicière Hellcat) ; Simpson, un flic avec un faux air de Captain America ; Hogarth, une avocate moins sympa que Matt Murdock (notons que ce perso a changé de sexe en passant de la B.D. à l’écran)…

marvel-netflix-jessica-jones-mike-colter-luke-cageLuke Cage, encore un mec avec qui Jessica entretient une relation ambiguë (décidément…)

David Tennant, quant à lui, nous hypnotise aussi bien que son personnage (le méchant stalker, Kilgrave).

En costar, propre sur lui normal, avec son don, il ne se salit pas les mains ! −, ce protagoniste bénéficie d’un réel développement, d’une profondeur travaillée et d’un jeu d’acteur impeccable.

Fans de Doctor Who, représentez-vous un Docteur malsain, drôle et attachant à la fois (en plus, il se prend pour Obi-Wan Kenobi…). La série vaut le coup d’œil rien que pour lui.

JJ02cTennant en mode bad guy.

Alors c’est la série du siècle ?

Jessica Jones se montre digne de Daredevil, qui s’était déjà affirmée comme une révélation. Elle ne devrait pas décevoir le public qui l’attendait avec impatience.

Certains pourraient critiquer le manque de combats à base de super pouvoirs et de cascades, arguant qu’on oublierait presque qu’il s’agit d’une série de super-héros. Personnellement, ça ne m’a pas gênée.

La seule réserve que je peux émettre, c’est la crainte de voir le show s’essouffler, donnant trop dès la première saison. Mais de nombreuses séries excellentes dans leurs débuts ont su tenir la distance ! Continue comme ça, Jessica !

Ellia