The Wicked + The Divine : quand la mythologie est hype

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The Wicked + The Divine

Auteur : Gillen McKelvie et Wilson Cowles. Éditeur : Glénat Comics.
Prix : 17,50 euros.

Déjà, la couverture est plutôt jolie. Et comme il y a un sacré jeu de mots dessus, on se dit avant même d’entamer la lecture que le second degré aura un rôle dans cette histoire… Quid de l’histoire alors ? Elle reprend les codes de la fantasy urbaine, qui a le vent en poupe, mélangeant donc mythologie et monde contemporain.

Douze dieux se réincarnent tous les 90 ans sous les traits de jeunes adultes charismatiques et brillants. Au XXIe siècle, c’est tout naturellement qu’on les retrouve dans la peau de pop stars, aux airs de David Bowie, Rihanna ou encore Kanye West.
Malheureusement, dans deux ans ils devront mourir, telle est la règle.
En attendant, les foules qu’ils déchaînent et le grabuge qu’ils causent avec leurs pouvoirs tiennent en haleine de très nombreux lecteurs puisque le comics a déjà connu un succès retentissant avant de débarquer chez nous. Une adaptation en série TV est d’ailleurs sur les rails.

Les personnages sont exagérément rebelles et badass, leur façon de s’exprimer assez cliché (même s’il faut bien garder à l’esprit que tout ceci est voulu). Je n’ai pas totalement accroché à l’histoire, je l’avoue. Peut-être que je m’attendais à quelque chose de vraiment génial, au vu du succès de la série. Peut-être que je ne suis pas le cœur de cible et que cette B.D. parle davantage à un public de 15-25 ans (qui, notamment, peut s’identifier à l’héroïne).
J’attends la suite pour me faire une idée plus complète du comics. On sent tout de même que la série a un bon potentiel de délire et de WTF parce que le scénariste ne s’est pas contenté de reprendre les dieux les plus connus et de leur donner des pouvoirs et apparences trop attendus. On devrait avoir droit à quelques surprises.
Notons aussi la volonté des auteurs de présenter une diversité certaine de personnages, multiethnicité et large représentation des genres sont au rendez-vous. Un œuvre moderne et dans l’air du temps : de ceci, au moins, nous sommes certains !

Célia

Lovecraft en B.D. chez Akileos

Bonjour à toutes et tous ! On entame cette nouvelle année avec la bonne résolution de publier régulièrement quelques chroniques de livres. On vous parlera des services de presse que l’on reçoit, de nos lectures personnelles ou des ouvrages sur lesquels on aura eu l’occasion de travailler s’ils nous ont tapé dans l’œil… mais pas forcément de parutions toutes fraîches, parce qu’on lit pas mal de vieilleries aussi 😉
Allez, c’est parti pour cette première chronique de l’année !

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Lovecraft − Quatre classiques de l’horreur

Auteur : I. N. J. Culbard. Éditeur : Akileos. Prix : 29,50 euros.

Cet ouvrage regroupe les adaptations en B.D. de quatre des plus célèbres récits de Lovecraft : La Quête onirique de Kadath l’inconnue, L’Affaire Charles Dexter Ward, Les Montagnes hallucinées et Dans l’abîme du temps.
J’ai bien aimé la première, onirique comme l’histoire d’origine. Il s’agit des aventures de Randolph Carter, alter ego de Lovecraft qui voyage à l’intérieur de ses rêves (bien avant DiCaprio…). Le récit paraît décousu et les textes mystiques à souhait, comme dans un rêve en fait. Les paysages que traverse Carter nous font voyager. Le dessin reste assez sobre, parfois minimaliste, mais les couleurs changeantes d’une scène à l’autre participent à l’immersion du lecteur dans cet univers de fantasy à la fois merveilleux et inquiétant.

Je suis un peu plus réservée sur les adaptations de L’Affaire Charles Dexter Ward et des Montagnes hallucinées, qui auraient demandé plus d’ampleur, je trouve. Ce sont deux récits censés installer une ambiance sombre, voire provoquer de petits frissons, mais je n’ai pas ressenti ça dans la version B.D. Peut-être parce que les monstres n’ont pas été bien mis en valeur.

Dans l’abîme du temps, par contre, ne souffre pas de ces défauts. J’ai retrouvé exactement les mêmes impressions que dans la nouvelle originale. Les planches déroulent l’histoire avec un rythme plus contemplatif, qui sied mieux, à mon avis, à la découverte des vertigineuses et cosmiques dimensions de l’indicible.

Célia

Bitch Planet vol. 1

« Tu es non conforme ? Tu ne rentres dans aucune case ?
Tu es trop prude, trop maigre, trop effrontée, trop timide […] ou trop ce-qu’ils-ont-décidé-de-te-reprocher-aujourd’hui ? Tu pourrais bien finir sur… Bitch Planet ! »

Voilà comment la quatrième de couverture de ce premier volume de Bitch Planet nous met l’eau à la bouche : en interpelant le lecteur − et surtout la lectrice − qui se reconnaîtra probablement dans l’un de ces énoncés.

Quant à la couverture, elle affiche un air rétro remis au goût du jour, plutôt agréable à l’œil. CV-BITCH-PLANET_COVER

L’histoire

L’intrigue nous plonge dans une dystopie où le patriarcat, oppressant, semble le reflet exagéré des travers sexistes de notre société (occidentale, contemporaine).

Les femmes ne correspondant pas à l’idéal que l’on attend du beau sexe, aussi bien au niveau physique que comportemental, se voient déclarées « non conformes » et envoyées sur Bitch Planet, surnom donné à une prison qui s’occupe − à l’aide de bastonnades et d’hologrammes rose bonbon − de leur « rééducation ».

S’y ajoute le jeu pervers typique des dystopies à la Battle Royale/Hunger Games : le mégaton, une sorte de rugby aux règles plus dangereuses et fantaisistes. D’ordinaire, seules les équipes officielles se rencontrent mais, bien entendu, des types sans scrupules imaginent que la participation d’une troupe de prisonnières au championnat donnerait un petit coup de boost à leur audience.

Des choix engagés

On fait donc connaissance avec les futures participantes. Deux protagonistes se détachent du lot et, fait notable, il s’agit de deux femmes noires. L’une, le leader de l’équipe, est une sportive de haut niveau qu’il ne vaut mieux pas chercher. La seconde, obèse et grande gueule, compte bien poursuivre sa rébellion contre les standards de beauté qu’on a toujours voulu lui imposer.

Les deux héroïnes : Kamau (à gauche) et Penny (à droite).

Mais la scénariste est allée encore plus loin concernant la représentation des minorités. En effet, elle prend le contrepied de la plupart des publications américaines, faisant en sorte que les personnages blancs ne soient pas majoritaires. Et, clairement, nous ne sommes tellement pas habitués à ce genre d’initiative, que cela saute tout de suite aux yeux.

Autre proposition pleine de revendications : les petites annonces insérées entre les chapitres. Satiriques parfois jusqu’à l’absurde, elles en rajoutent une couche à propos des diktats, se moquant des injonctions à la minceur (par exemple en vantant les mérites des parasites intestinaux !).

Enfin, en bonus, l’interview des créateurs permet un éclairage sur ces prises de position et un dossier sur le féminisme confirme que cette B.D. se veut réellement éducative, fournissant des clés de lecture à travers, entre autres, les réflexions d’auteures/journalistes engagées.

Dossier-de-Presse_BITCH-PLANET-bd-2.jpgPréface de la scénariste et page de petites annonces (extrait du communiqué de presse).

En bref…

On tient là un premier volume qui promet, avec un dernier chapitre au dénouement inattendu.

Au premier abord, les personnages paraissent stéréotypés. Quand on nous présente Penny, on pense notamment au cliché de l’« angry black woman » et aux nombreuses délinquantes agressives et costaudes que l’on peut rencontrer dans les films/séries. On sent tout de même que la scénariste en avait conscience puisqu’elle s’est attachée à apporter de la profondeur à ce personnage dès le vol. 1, en creusant son passé.
Au final, malgré cet écueil, on s’attache et on s’identifie aux protagonistes.

La transposition du patriarcat et du carcan du genre tels qu’ils existent dans notre société − parfois de façon si intégrée qu’on ne les remarque plus −, en une version démesurée et dictatoriale est particulièrement réussie.

On gage que la suite devrait suivre le même chemin, au vu du succès de la série aux États-Unis. Le logo « NC » pour « non conforme » a si bien inspiré les lectrices américaines que nombre d’entre elles l’arborent maintenant sous forme de tatouage, en signe de ralliement aux idées que professe Bitch Planet.

Références :
Bitch Planet volume 1
Auteurs : KELLY SUE DeCONNICK (scénario) et VALENTINE DE LANDRO (dessins)
Éditeur : Glénat Comics
Les lecteurs se voient remettre à l’achat d’un album de Bitch Planet, le tatouage NC pour #NonConforme (#NonCompliant en anglais).
L’éditeur invite toutes les personnes volontaires ayant lu
Bitch Planet à témoigner sur leur propre vécu au moyen de ce formulaire : http://www.glenatcomics.com/bitch-planet/

Ellia

 

Midnight Special, l’ovni de 2016 !

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Une voiture roule pleins gaz dans la nuit, les phares éteints. « Tu peux fermer ta lampe Alton ? » Clap. Noir complet. Assis devant Alton, son père Roy et son ami Lucas sont stressés. Ils semblent fuir quelque chose ou quelqu’un… Le décor est planté. Musique. Si l’histoire n’est en rien comparable à Interstellar, on retrouve là l’ambiance du chef d’œuvre de Christopher Nolan. Images léchées, plans plus splendides les uns que les autres, côté mystique… Nul doute, ce « Midnight Special » a effectivement quelque chose de spécial.

La difficulté de faire une chronique sur ce film est qu’on a envie à la fois de tout vous raconter mais qu’on ne sait quoi vous raconter. Par où commencer sans trop vous spoiler. Pour faire simple, ce long métrage retrace l’histoire d’une chasse à l’homme ou plutôt d’une chasse au gamin (Alton). Le petit garçon est doté de pouvoirs spéciaux qui inquiètent les plus hautes autorités et qui fascinent les fanatiques religieux. Il lui reste trois jours pour se rendre dans un lieu précis. Mais pour quoi faire ?

En écrivant cet article, je réécoute la bande originale, musique extraordinaire de David Wingo. Tout comme certaines séquences du film, elle vous donne la chair de poule et vous laisse là, bouche bée.

Attention, si vous vous attendez à un film bourré d’effets spéciaux, en mode fin du monde, vous serez déçus. En revanche, si vous y allez comme moi sans aucun a priori, vous allez prendre une sacrée claque.

Qui es-tu Jeff Nichols ? Après avoir réalisé Take Shelter et Mud, tu viens d’inscrire ton nom dans la lignée des grands réalisateurs des années 2000. Côté premier rôle, Michael Shannon (le père, Roy) a une tête de méchant. À coup sûr, il a été embauché dans sa jeunesse pour interpréter les malfrats, tandis que Joel Edgerton a déjà été aperçu dans Exodus de Ridley Scott ou le récent Jane got a Gun, avec Natalie Portman. Le petit Alton, lui, crève l’écran. Espérons pour lui qu’il ne connaisse pas la même carrière que l’enfant star d’Hollywood, Haley Joel Osment, vu dans Sixième sens et Forrest Gump, disparu des radars aujourd’hui. Côté second rôle, il est très plaisant de voir Kirsten Dunst, mademoiselle Spiderman, et Adam Driver, alias Kylo Ren, le petit-fils de Dark Vador himself. Bref. Foncez voir ce petit bijou S.-F. de Jeff Nichols. Le vrai ovni de ce début d’année cinéma.

Fab

Jessica Jones, la nouvelle bonne recette de Hell’s Kitchen

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On l’attendait depuis un moment, Netflix l’avait teasée à mort, avec de jolis visuels picturaux et une bande-annonce où on entend David Tennant hurler « Jessicaaaa !! ».
D’ailleurs, la présence au casting de l’acteur écossais constitue déjà un argument en soi, que vous soyez une de ses fangirls acharnées, ou pas 🙂
La série se montre-t-elle à la hauteur de nos expectations ? Mageek vous donne son verdict…

By Netflix

L’estampille Netflix semble gage de qualité. La société de V.O.D., en à peine plus d’un an d’existence sur notre territoire, nous a habitués à d’excellentes créations, en termes de scénario comme de réalisation, plaçant la barre assez haut. Voici quelques exemples dont vous avez probablement entendu des échos :

Orange is the New Black, que je n’ai pas regardée mais qui, apparemment, a enthousiasmé plus d’un critique/spectateur.

Daredevil, une réussite qui a réhabilité le justicier aveugle après le désastreux film éponyme.

murdockDaredevil met en scène Matt Murdock, un avocat aveugle mais aux autres sens hyperdéveloppés, qui combat le crime, masqué.

Sense8, un programme aux qualités rares, dont nous vous avions déjà parlé ici.

Autant dire que l’annonce d’une série Marvel, se déroulant dans le même décor que Daredevil, avec UNE super-héroïne, se posait comme une promesse de valeur.

Le pitch

En gros, nous suivons les aventures de Jessica Jones, détective à la force phénoménale, qui tente de se reconstruire après s’être libérée de l’emprise de Kilgrave, un sociopathe capable de prendre le contrôle de n’importe qui. Mais celui-ci n’a pas dit son dernier mot…

Encore les mêmes ingrédients dans la cuisine infernale ?

Les événements de Jessica Jones prennent place à Hell’s Kitchen, un quartier de Manhattan, déjà centre de l’action dans Daredevil.

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Hell’s Kitchen vu par Netflix.

On y retrouve, comme attendu, la même ambiance et… le même type de personnages : héros/héroïne changé par un accident, de ce fait doté de fantastiques pouvoirs pour faire régner la justice, bons samaritains amis du héros, en apparence trop fragiles pour lutter mais qui se surpasseront…

Comme autre point commun, on peut citer l’importance des affaires légales dans l’intrigue et, notamment, la victime d’erreur judiciaire, par qui tout commence. Mais pas de blagounette sur les avocats, cette fois !

Et puis, comme Daredevil, Jessica Jones mise autant sur son villain que sur son héros pour conquérir le public : en matière de charisme, Kilgrave n’a rien à envier à Fisk.

jessica-jones-smallJessica et Kilgrave : une relation ambiguë qui vous tiendra en haleine…

Le background Marvel

Jessica Jones, c’est avant tout une héroïne de la maison Marvel. Des anecdotes, dans les premiers épisodes, nous rappellent que nous nous situons après l’attaque des Chitauris (les envahisseurs dans Avengers). Ainsi, monsieur tout le monde est au courant de l’existence des super-héros. Pourtant, à l’instar de Daredevil, Jessica Jones se concentre sur des enjeux plus locaux que la défense de la Terre, et les pouvoirs des protagonistes se retrouvent du coup réduits à la même échelle. Si Jessica possède une force surhumaine, elle se la joue plus discrète que Hulk : elle défonce des portes, et non des porte-avions…

Netflix prévoit deux autres séries en collaboration avec Marvel (Luke Cage et Iron Fist), qui, réunies à Jessica Jones et Daredevil, devraient aboutir à un ultime cross-over, The Defenders.

Et si ces nouveaux personnages s’incrustaient dans Avengers ? Jessica ne pourrait-elle pas rejoindre la fine équipe, comme dans les comics ? Cela permettrait en tout cas d’apaiser les critiques qui réclament plus de parité dans la saga à succès.

Les personnages

On attendait depuis longtemps un personnage tel que Jessica Jones : une super-héroïne actuelle, sans combi moulante sexy. Comme Matt dans pratiquement toute la première saison de Daredevil, elle ne porte pas de costume. Elle combat son ennemi comme elle est : une femme dans la trentaine avec un look d’ado jean déchiré, mitaines, perfecto et vieux sweat −, alcoolique et bourrue.

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Le physique de l’actrice (Krysten Ritter), plutôt menu, contraste avec la force herculéenne de Jessica et elle se révèle très convaincante, dans un rôle qu’on trouverait cliché pour un homme mais inhabituel pour une femme : celui du détective désabusé.

Quelques personnages interviennent de façon récurrente : Luke Cage, barman coriace pour qui Jessica a un faible (une série Netflix lui sera dédiée) ; Trish, la meilleure amie B.C.B.G. de Jessica (nouvelle version de la justicière Hellcat) ; Simpson, un flic avec un faux air de Captain America ; Hogarth, une avocate moins sympa que Matt Murdock (notons que ce perso a changé de sexe en passant de la B.D. à l’écran)…

marvel-netflix-jessica-jones-mike-colter-luke-cageLuke Cage, encore un mec avec qui Jessica entretient une relation ambiguë (décidément…)

David Tennant, quant à lui, nous hypnotise aussi bien que son personnage (le méchant stalker, Kilgrave).

En costar, propre sur lui normal, avec son don, il ne se salit pas les mains ! −, ce protagoniste bénéficie d’un réel développement, d’une profondeur travaillée et d’un jeu d’acteur impeccable.

Fans de Doctor Who, représentez-vous un Docteur malsain, drôle et attachant à la fois (en plus, il se prend pour Obi-Wan Kenobi…). La série vaut le coup d’œil rien que pour lui.

JJ02cTennant en mode bad guy.

Alors c’est la série du siècle ?

Jessica Jones se montre digne de Daredevil, qui s’était déjà affirmée comme une révélation. Elle ne devrait pas décevoir le public qui l’attendait avec impatience.

Certains pourraient critiquer le manque de combats à base de super pouvoirs et de cascades, arguant qu’on oublierait presque qu’il s’agit d’une série de super-héros. Personnellement, ça ne m’a pas gênée.

La seule réserve que je peux émettre, c’est la crainte de voir le show s’essouffler, donnant trop dès la première saison. Mais de nombreuses séries excellentes dans leurs débuts ont su tenir la distance ! Continue comme ça, Jessica !

Ellia

Netflix Fest : vers l’infini et au-delà !!

Bienvenue dans la base spatiale !

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Si vous êtes fana de films et de séries, vous avez probablement entendu parler du Netflix Fest qui a pris place du 15 au 19 octobre derniers à Paris. Netflix a tout donné en programmant pas moins de 15 événements où films et séries étaient diffusés selon des thématiques précises.

Du « Festival des séries où les femmes cachent bien leur jeu » au « Festival du film romantique qui va t’aider pour un premier rencard », en passant par le « Festival des meilleurs épisodes de la série qui pue le chat », tout le monde y trouvait son compte. Et, coup de maître, c’était gratuit ! Enfin gratuit pour ceux qui se sont dépêchés de réserver leurs places en ligne, parce qu’elles sont parties à une vitesse phénoménale (d’ailleurs chez Mageek, on vous avoue qu’on a un peu galéré à en choper quelques-unes). Ici, point de diffusion en plein air (c’est so 2014), ou encore de salles de cinéma mornes et tristounettes, Netflix a opté pour l’originalité pour marquer le coup et le moins qu’on puisse dire c’est que ça a marché.

L’équipe de Mageek s’est rendue au « Festival des films et séries qui te donneront envie d’aller vers l’infini et l’au-delà » pour y regarder les deux premiers épisodes de la série Sense8.

La diffusion prend place à l’espace Niemeyer dans le 19e arrondissement, soit dans une base spatiale !! Armés de leurs places imprimées, les gens attendent impatiemment devant l’entrée de découvrir ce que Netflix leur a préparé. Bon point pour Netflix, on nous a déballé le tapis rouge, et nous, on se sent déjà comme des stars. Enfin, l’extase est assez courte puisque dès qu’on entre dans l’espace lui-même, l’ambiance change radicalement. On ne sait pas vraiment si c’est la lumière bleutée ou bien les cosmonautes qui nous mettent la pression… Oui, pas la peine de relire la phrase précédente, tu as bien lu. Ce sont bel et bien des cosmonautes qui accueillaient les visiteurs.

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La salle de projection !

Cet accueil surprenant nous a donné l’impression que nous allions bientôt entrer dans une attraction à sensation, un peu comme Star Tour ou Space Mountain à Disneyland Paris (vous remarquerez qu’on reste dans la thématique de l’espace même niveau coup de pression, bien joué Netflix). Les cosmonautes nous servent notre kit de survie : de la nourriture déshydratée goût Napolitan Ice Cream et une bouteille d’eau, ce que tout astronaute doit avoir pour survivre dans l’espace donc (Netflix, as-tu été en partenariat avec la NASA, dis-nous ??).

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En haut, le packaging de l’étrange nourriture en question.
Et en bas, ce que ça donnait une fois ouvert
(après un petit séjour dans un sac à main, on vous l’accorde…).

On entre ensuite dans la salle, on s’installe, et on croise même les ShowRunners, des YouTubeurs sérivores qu’il faut absolument connaître tant leurs émissions sont bonnes. Le show commence, et deux épisodes de Sense8 plus tard, nous sortons, satisfaites de notre séance de Netflix sur grand écran.

Et ce n’est pas fini ! À la sortie, les cosmonautes nous attendent pour faire une séance photo avec eux, photo que tu pouvais même envoyer à ton adresse mail. Le nôtre, ci-dessous, histoire que vous voyez enfin nos têtes.

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On nous offre également le tote bag Netflix Fest contenant un badge tout doux, ainsi qu’une affiche de l’événement dont nous sortions. Des cadeaux, toujours plus de cadeaux, GG Netflix, tu sais parler à ton public.

Grand bravo à Netflix pour ce joli festival original, innovant, et surprenant, tu nous auras effectivement donné envie d’aller vers l’infini et l’au-delà !

Maintenant, penchons-nous sur Sense8, la série qu’on a pu découvrir (ou re-découvrir pour certaines) à ce festival…

 

Sense8

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Série créée par les Wachowski (les génies derrière Matrix, entre autres) et J. Michael Straczynski, Sense8 a fait parler d’elle dès sa première saison diffusée sur Netflix…

Le show suit 8 personnages à travers le monde, qui se découvrent brutalement la possibilité de communiquer les uns avec les autres, d’éprouver ce que ressentent les autres. Un pouvoir qu’ils devront apprendre à maîtriser, pour faire face à un mystérieux ennemi commun…

Dans le paysage actuel des séries, bien trop foisonnant, il devient difficile de se démarquer et pourtant Sense8 y parvient. Pourquoi ?

Une saison à voir comme un film

De nombreux pilotes sont produits de manière à vendre les épisodes suivants. Ils mettent le paquet dès le départ, en dévoilant le plus possible d’éléments attrayants et représentatifs de ce qui attend le spectateur plus loin dans la série.

Sense8, elle, prend son temps, se construit brique par brique au fil des épisodes. Le visionnage tel que le permet Netflix, c’est-à-dire en enchaînant les épisodes quasiment sans interruption, accentue ce sentiment d’avancer dans un film qui dure une saison (certes, il y a d’autres moyens de « binge watcher » de la sorte… Mais Netflix est quand même bien confortable !).

Les deux premiers épisodes installent doucement les personnages dans leur environnement, livrent des indices sur la dimension fantastique/S.-F. de l’œuvre, et imprègnent déjà le spectateur de cette mise en scène particulière, contemplative et intrusive.

La série mise sur l’empathie. Si les 8 personnages principaux ressentent les émotions partagées au sein de leur cercle, tout est fait pour que le spectateur soit plongé, lui aussi, dans l’intimité des protagonistes. On est bercés par la musique, les sentiments sont criés haut et fort, on nous livre des scènes de sexe et de violence, souvent de façon crue. Le public se retrouve pris, comme un passager clandestin, dans le cercle des 8.

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Les 8 protagonistes

D’ailleurs Netflix aurait pu exploiter cette idée de communication sensorielle pour son festival en proposant des interactions jouant sur le son, les odeurs ou le toucher. Certainement un peu ambitieux pour une série et un festival qui démarrent, cependant.

Critiques justifiées : une série de clichés ?

À l’image de son générique (une compilation de « scènes de cartes postales », assortie d’une musique qui se veut mystique et troublante), la série est-elle une suite de lieux communs, assaisonnée de paranormal ?

Les personnages présentés paraissent, à première vue, des clichés associés à leur milieu culturel ou leur pays d’origine. Par exemple : une Asiatique prodige en arts martiaux, une Indienne tiraillée entre modernité et tradition, un flic américain un peu justicier sur les bords, un Mexicain viril qui cache son homosexualité, etc.

Et alors ? Ils sont attachants. Leurs mésaventures personnelles débordent sur l’intrigue de science-fiction. Cela aurait pu être dérangeant, mais non, on apprécie de suivre leur évolution, leur combat (car chacun est aux prises avec ses démons, parallèlement à la découverte de son étrange « pouvoir »).

Des choix militants ?

La série assume totalement de mettre en avant des sexualités peu représentées : couples homosexuels, transsexualité.

La présence de Lana Wachowski (trans MtF) à la création porte à croire qu’il ne s’agit pas de choquer des spectateurs peu habitués pour faire le buzz, mais que ce choix est bien une démarche militante. Que l’on ne peut que saluer !
Le choix de donner de la visibilité à des acteurs de nationalités diverses est également rafraîchissant.

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Lana Wachowski
Photo par Astrid Stawiarz/Getty Images pour The New Yorker.


Sora et Ellia

Une ère de déjà-vu

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Jurassic World

Note : 6,5/10

 

Je ne sais pas vous mais pour moi, en tant que cinéphile acharné, 2015 est l’année la plus excitante cinématographiquement parlant de ce 21e siècle (derrière le popotin de Thor, OK on se calme les filles…).
Tandis que Daniel Craig #007, Chewbacca #cousinmachin et Ian Solo #bogossaprès70answhatelse nous attendent en décembre (« Indyyyy fais péter ton slip ». J’ai dit on se calme. Mademoiselle posez ce fouet tout de suite !), le T-rex m’attendait aux Halles en ce dimanche après-midi. Évidemment en 3D, histoire de voir ce qu’il avait dans le bide…
Alors quand le pitch, m’apprend que les chercheurs du parc ont mis au point un dinosaure mutant, mélange de Sangoku et de Végéta, j’ai tout de suite craint le pire. Fort heureusement, la nostalgie (hommage permanent à l’œuvre de Spielberg) et le joli minois de Brice Dallas Howard ont fait le reste. Rassurez-vous les filles, Chris Pratt en dresseur de Raptors et en marcel plein de cambouis, c’est pas mal non plus…

J’aime/J’aime pas. Mageek fait le bilan.


J’aime :

3,2,1 action !
La 3D est le petit plus dont n’avait pas pu bénéficier notre ami Steven. Coup de mâchoire par ci, coup de griffe par là, non il ne s’agit pas là de la dernière production de Jacquie et Michel version sadomazoophile. On en prend plein la vue et c’est ce qu’on demande principalement à un film pop « cornes ».

Nostalgiiiiiiiiie
Ce film rend hommage au premier opus réalisé il y a plus de 20 ans par Steven himself. Les références sont nombreuses (même « RUUUUUUUUN ! », même méchant rondouillard, et mêmes plans avec le T-rex sur le côté qui vous hume avec ses narines). Manquerait plus que la 4D avec un léger mistral à l’odeur de putréfaction et on s’y croirait. Remarquez, pour cela il vous suffit de regarder tous les soirs France 3, à 20h10. #Onesttellementriensansellequ’onsoitnoiroublanc

Les acteurs
Inconnu à mes yeux il y a encore un an, Chris Pratt est en train de devenir un de mes petits chouchous. Celui qui se permet de danser en mode « zéééééééépoo » dans une scène mythique des Gardiens de la galaxie donne un coup de jeune à la franchise. Brice Dallas Howard, déjà aperçue dans Terminator Renaissance et Le Village campe quant à elle la tantine. Manageuse du parc hypraconnectée, elle passe plus de temps à suivre ses followers que ses propres neveux. Nous, en tout cas, on ne la quitte pas des yeux.

J’aime pas :

Les dinos et what else ?
Soit, les deux acteurs et les dinos tirent la couverture à eux mais on aurait bien aimé que les autres persos aient un peu plus de charisme, histoire de s’attacher à eux. Le méchant est sans grand intérêt tout comme le grand frère, qui ne cesse de vouloir tromper sa copine. Copine qui pour le coup a des cornes plus longues que celle d’un tricératops en rut, tout le long du film. Attention en passant les portes, jeune fille. Ah oui, sinon Omar Sy fait trois apparitions. C’est peu mais ça reste mieux que ses 30 secondes dans le dernier X-men. #OnatuéOmar

Magie, magie, et nos idées manquent de génie ?
Certes la musique géniale de John Williams est présente quelques fois dans le film, mais je trouve qu’il manque cette magie, cette émotion qu’avait le premier Jurassic. Peut-être que nous sommes trop gavés de superproductions, il nous faut désormais un supplément d’âme pour nous émouvoir devant de tels mastodontes cinématographiques. Pourtant, c’est notamment le cas lors de l’agonie d’un sauropode. La même scène avec un tricératops, en robotronique, avait été tournée en 1993. Le même procédé a-t-il été réutilisé ici ?

Oh et puis pour chialer un bon coup, ça me donne envie de mater les aventures de Petit-Pied, Becky, Pétri, Pointu et Dent Tranchante… Vous aussi ? (oui oui ouiiii)

Cadeau :

Verdict :

Une bonne superproduction à voir en 3D s’il vous plaît. Et en VO pour s’éviter les doublages cucul la praline et les mioches flippettes qui hurlent à tout bout de champ.

Fab