Siby Ogawa et Red Ice : le manga en duo

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On continue d’interroger les mangaka français !
Cette fois, zoom sur Siby Ogawa, qui sera aussi présente à Japan Touch. Elle et son époux Red Ice, le scénariste de leur projet commun Drielack Legend, ont bien voulu répondre à nos questions.

Mageek : Bonjour à tous les deux. Comment êtes-vous tombés dans le manga ?

Red Ice : Longue évolution qui a débuté par les deux anime de la fin des années 70, Goldorak et Albator… Puis ensuite une monumentale claque à l’adolescence lors de la première diffusion de Saint Seiya. À partir de là, j’ai commencé à m’intéresser à d’autres mangas que ceux dont les adaptations étaient diffusées sur les chaînes hertziennes. Les jeunes générations ne peuvent pas comprendre ce que cela impliquait à l’époque car à part Akira, nous n’avions rien. Il fallait lire nos mangas en japonais, parfois en trouvant une traduction au format Word sur un Internet balbutiant… C’était une véritable chasse au trésor. Puis l’apogée du manga m’a permis de vivre cette passion plus sereinement. Dès lors, j’ai fait de nombreuses conventions en m’investissant dans des fanzines ou des associations pour la promotion d’artistes aimant la culture manga.

Siby Ogawa : J’ai suivi le même cheminement que Red Ice, je regardais les séries animées de Youpi l’école est fini, Club Dorothée, Minikeums… Je dessinais les héros pour mes camarades de classe. Enfant, je voulais aussi créer mon propre dessin animé, puis j’ai vu une émission sur les différentes étapes de la production d’un anime, impliquant toute une équipe… Je me suis tournée vers la B.D. car je me suis dit qu’avec ce format, je saurais faire l’histoire toute seule.

Quelles sont vos influences ?

Red Ice : Mes influences en tant que scénariste sont diverses… Les romans de Tolkien ou R.A Salvatore, des séries télé comme Game of Thrones, Stargate SG-01, des dessins animés comme Saint SeiyaLes Mystérieuses Cités d’or et j’en passe, des films comme Star Wars ou JFK.

Siby Ogawa : Je suis une grande fan des adaptations de romans par la Nippon Animation (Princesse Sarah, Flo et les Robinson suisses, Pollyanna…) et j’ai une tendresse particulière pour tout ce qui concerne les contes et les mythologies du monde. Les séries de magical girls aussi me plaisent énormément, surtout quand c’est designé par Akemi Takada. Mais j’adore aussi les œuvres de Mitsuru Adachi (Touch, Une vie nouvelle) et Tsukasa Hôjô (City Hunter, Cat’s eyes).

Que pensez-vous de la « scène » manga française ?

Red Ice : Ma foi, je dirais que les fans de manga ne donnent pas assez leur chance au produit français et nous reprochent souvent des défauts qu’ils tolèrent dans les mangas japonais… Ils sont plus exigeants envers le manga français qu’ils ne le sont envers le manga japonais tout en refusant de comprendre les difficultés éditoriales occidentales. Parfois c’est décourageant.

Siby Ogawa : Je suis contente que le manga français prenne de l’essor aujourd’hui, mais j’ai l’impression que mon style ne plaît pas assez à la jeune génération. J’avais été assez découragée quand les lecteurs de manga au début des années 2000 disaient que les français n’arriveraient jamais à faire comme les mangaka japonais. Et je suis encore plus tombée des nues quand il y a eu un engouement pour les manhua et manhwa qui n’étaient pourtant pas plus aboutis que certaines créations françaises d’influence manga.

Quel est votre parcours artistique ?

Red Ice : On ne peut pas vraiment dire que j’ai un parcours artistique. À la base, je suis plutôt scientifique et je travaille dans la santé publique. J’ai écrit quelques scénarii de jeux de rôle, quelques fanfictions, rien de plus.

Siby Ogawa : Pour tout ce qui touche au dessin, je suis autodidacte. Les écoles privées étaient trop chères et les Beaux-Arts m’ont refusée. Mais j’ai évolué au sein d’associations de fans de manga à partir de l’université et en faisant du fanzinat. C’est ainsi que j’ai développé mon style. Et en parallèle j’ai réalisé des portraits manga dès 2000, en faisant du semi-réalisme à la Tsukasa Hôjô.

Comment est né Drielack Legend ?

Red Ice : Lors de parties de jeu de rôle, il y a plus de vingt ans, avec des amis… L’antagonisme de mon personnage d’elfe assassin et celui d’une prêtresse incarnée par MJMahyar ont fait germer en moi l’idée d’une histoire plus complexe autour de ces deux personnages. L’histoire a mûri en même temps que je rencontrais ma futur épouse dessinatrice. Nous avons ensuite décidé de nous lancer dans une aventure de création de couple.

Comment avez-vous concrétisé ce projet avec les éditions Yüreka ?

Red Ice : Nous avons commencé à poster sur un site de partage de mangas en ligne. C’est Yüreka qui nous a contactés pour nous proposer de nous éditer.

Comment est-ce que vous travaillez tous les deux ? Est-ce que vous modifiez l’histoire/les dessins après concertation, parfois ?  

Red Ice : J’écris l’histoire et les dialogues. Mon épouse fait le découpage et la mise en scène par rapport à mes descriptions… Il est assez rare que l’on modifie l’histoire mais parfois Siby me fait remarquer des impossibilités ou improbabilités et de mon côté parfois je lui demande de changer quelques dessins car cela ne correspond pas assez à ma vision. Souvent, c’est un manque de précision dans mes descriptions, il est difficile de décrire parfaitement une scène visualisée et peu probable qu’un lecteur l’imagine de façon parfaitement identique… Tout est dans le compromis.

Siby Ogawa : Depuis le tome 2, nous avons fait appel à Neoyaya pour dessiner les décors, car j’ai toujours un peu de mal avec la perspective et les détails, vu que je préfère souvent le minimalisme, ce qui ne correspond pas du tout à l’ambiance de Drielack Legend. Donc, quand je prends le script de Red Ice, je fais des story-boards et j’indique à Neoyaya toutes les cases où il y a des décors à faire. Ainsi, je n’ai plus qu’à poser les personnages dessus avec quelques ajustements. Bien sûr, des fois, je n’ai pas d’inspiration au moment du story-board et donc, je dessine en roue libre instinctivement avec le stress de ne pas avoir assez de temps.

Quels sont vos projets à venir ?

Red Ice : Pour ma part, je n’en ai pas vraiment… Une idée de nekketsu dans un monde far-west mais qui n’aboutira jamais.

Siby Ogawa : J’aimerais peut-être revenir sur mes anciens projets de manga plus shôjo. Mais en attendant que Drielack Legend finisse, je vais développer un peu plus mes vidéos de correction de dessins ou de speed painting sur ma chaîne YouTube.

Pour suivre Siby Ogawa :
http://www.siby-ogawa.fr
www.facebook.com/Siby.Ogawa/

Propos recueillis par Célia.

Une mangaka française : Nobuko Yann

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Nous sommes parties à la rencontre d’une mangaka de chez nous !
L’occasion peut-être, pour vous, de découvrir son parcours et son univers avant de la rencontrer à Japan Touch le week-end prochain, sur le stand des éditions Yüreka. Elle y présentera Daichi no Akane, son shôjo sportif.

 

Mageek : Bonjour, Nobuko ! Comment es-tu tombée dans le manga ?

Nobuko : Je fais partie de la génération Club Dorothée et c’est donc tout naturellement que je suis tombée amoureuse de la japanim’ et du manga, pendant l’enfance.

Quelles sont tes influences ? 

Au départ, j’ai été très influencée par Akira Toriyama (Dragon ball) et divers shônen. En grandissant et en découvrant d’autres genres, Masakazu Katsura (Video Girl Ai) ou Yuu Watase (Fushigi Yugi) m’ont également beaucoup inspirée. Plus récemment, je citerais Naruto et Kuroko’s basket.

Que penses-tu de la « scène » manga française ?

Je trouve ça génial ! Ça donne une nouvelle dimension au manga. Ça prouve aussi que même si cette forme de B.D. ne vient pas de chez nous, on peut la reprendre à notre manière. Pour le moment, je suis un très mauvais exemple du manga français parce que toutes mes histoires se passent au Japon mais les projets à venir changeront la donne…

Par contre, c’est dommage que le manga français ne soit pas plus populaire auprès des lecteurs. Les gens ont souvent peur de l’inconnu et la plupart du temps, quand une grosse maison d’édition lance une grosse production, c’est du manga japonais. Donc, difficile de faire changer les mœurs. 

Quel est ton parcours artistique ?

Je n’en ai pas. Je suis autodidacte depuis toute petite. J’ai commencé, à six ans, par recopier tout ce que je voyais à la télé et au fur et à mesure, avec le temps, j’ai développé mon propre style.

Comment est né Daichi no Akane

D’une anecdote ! En pratiquant deux sports (le volley et le basket), je me suis retrouvée au beau milieu d’un conflit où deux personnes défendaient chacune celui qui avait leur préférence.
C’était presque drôle. J’aime ces deux sports et j’ai voulu, à travers ce manga, en finir avec ce conflit en développant le lien d’amitié qui unit les deux protagonistes. Et puis parler de compétition mais avec une petite touche romantique pour pimenter le tout. Sinon, ce ne serait pas un shôjo ! (rires)

 

 

Et donc, comment as-tu concrétisé ce projet avec les éditions Yüreka ?

J’ai découvert Yüreka sur une plate-forme gratuite de lecture de mangas où je publiais des planches. Ils recherchaient un mangaka « shôjiste » et je les ai contactés pour leur présenter Daichi no Akane. Le projet les a emballés et c’est ainsi que nous avons démarré l’aventure !

Comment est-ce que tu travailles, de manière générale ?  

Premièrement, j’écris le scénario que je découpe en tomes. Chaque tome contient des chapitres avec une certaine ligne directrice.
Puis, je rajoute sur les planches des idées ou des situations qui me viennent à l’esprit pour telle ou telle scène. Je brode avec de l’humour (ou pas) tout en veillant à ne pas m’éloigner de l’idée de départ.

Enfin, quels sont tes projets en cours/à venir ?

J’ai déjà plusieurs projets en cours :

  • HG-DNA-46 XY (shônen) : deux tomes sont déjà en vente (le tome 3 est en cours).
  • 365 jours, pour te rendre heureux (yaoi) : one-shot déjà en vente également.
  • 365 jours, Masato No Mikuni-kun (yaoi) : un tome (en cours).
Et quelques projets à venir :
  • Tomoe Gozen, femme samourai (one-shot historique).
  • Nous sommes pompiers (one-shot).
  • Recto/Verso (one-shot).
  • Airsoft (série shônen en collaboration avec un scénariste).

Pour suivre Nobuko : 
@Nobukomangas
nobukomangas.wordpress.com

Propos recueillis par Célia.

Courtney Crumrin tomes 1 et 2

 

 

Par Ted Naifeh. Éditeur : Akileos. Prix : 19 euros.

Halloween is coming ! 
C’est la période de l’année où l’on a envie de lire des histoires de sorcières… donc je m’étais gardé les tomes 1 et 2 de Courtney Crumrin pour l’occasion.

Quid de l’histoire ?

Courtney Crumrin, une petite fille au cynisme détonnant, est forcée de déménager à Hillsborough, dans une banlieue chic où elle détonne encore plus. En effet, ses parents ont trouvé une drôle de solution à leurs problèmes pécuniaires : squatter un manoir sinistre moyennant une colocation avec le propriétaire des lieux, ce grand oncle si mystérieux… Le vieillard est en fait un sorcier qui entend se servir des deux parents insipides comme d’une couverture.

Au milieu des morveux gâtés, Courtney peine forcément à s’intégrer. Heureusement, son oncle et les étranges créatures peuplant la ville lui ouvriront la porte d’un tout autre monde.

Daria chez Hellboy

Courtney est une apprentie sorcière mais ne vous attendez pas à vivre des aventures poudlardesques. L’héroïne évolue en solitaire, en accord avec son caractère, et l’univers, assez sombre, se compare plutôt à celui de Hellboy. D’ailleurs, comme chez Mike Mignola, le dessin donne superbement corps au voyage fantastique. La jeune fille attrape des gobelins comme on attraperait des Pokémon, joue la baby-sitter d’un changelin, se retrouve mêlée aux conspirations des sorciers… et ne se départit jamais de son humour grinçant.

En résumé, cette série est un bon gros plaisir d’Halloween, à feuilleter entre vos soirées films d’horreur et pizzas !

Célia

Héroïnes, chez Hachette Heroes

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En 2017, j’ai eu l’opportunité de participer, en tant que rédactrice, à l’ouvrage collectif Héroïnes, édité par Hachette Heroes.

Le livre est paru en octobre dernier lorsque j’étais au Japon, c’est donc avec un peu de retard que je vous en parle (le temps de revenir sur Terre et d’avoir le livre entre les mains).

C’est un ouvrage qui devrait vous plaire, lectrices et lecteurs de Mageek, puisqu’il aborde la représentation des personnages féminins dans la pop culture à travers les portraits de plus de 70 héroïnes. Et tout ceci a été rédigé et illustré uniquement par des femmes.

J’ai écrit les portraits de Béatrix Kiddo, Elsa, Jessica Jones, Leeloo, Maléfique et River Song. Le livre m’attribue aussi celui de Dana Scully, j’en profite pour rectifier cette erreur : le texte n’est pas de moi…

C’était une expérience de pousser l’analyse sur des figures de la pop culture en dehors du fanzinat. Mais ne vous inquiétez pas, Mageek is not dead !
Rendez-vous avec le reste de l’équipe pour du contenu du même type et bien d’autres choses, dans notre numéro 5. Affaire à suivre 😉 !

Célia

 

 

Mon premier GN ou “Le week-end où j’ai été une femme-chat japonisante ingénieur et artificière”

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Si vous lisez Mageek, il y a de fortes chances que vous connaissiez l’existence du jeu de rôle grandeur nature, aussi appelé GN (voir article de Lizu dans notre numéro 4). Et si ce n’est pas le cas, rassurez-vous : il y a quelques mois, j’étais moi aussi complètement ignorante des GN. Je suis toujours une grosse noob en la matière mais mes erreurs étant toutes fraîches, vous trouverez dans ce récit quelques conseils si vous souhaitez tenter l’aventure !

Fantasmes sur le GN : les francs-maçons des geeks ?

Je pensais qu’il s’agissait de jeu de rôle au tour par tour, où des individus très patients poireautaient dans des ruines ou aux abords d’une forêt le temps que le MJ les autorise à avancer d’un mètre ou à conduire une action. Je visualisais des jets de dés au milieu de cimetières et des bastons de RPG saccadées comme dans un vieux Final Fantasy. Il faut dire que le GN peut parfois avoir mauvaise presse même au sein de cercles geeks, où j’ai pu entendre des gamers et parfois même des rôlistes papier se méfier de “gus qui se costument et jouent à faire comme si”. Paradoxal, quand on y pense, mais c’est un fait : la communauté GNiste n’est pas la mieux connue. Comme le furry, ou le speedrunning,  ses arcanes semblent n’appartenir qu’à ses membres et ne dépassent pas ses bornes. Et encore, à 31 ans, je savais beaucoup plus de choses sur le furry ou le speedrunning (sans pratiquer aucun des deux) que sur le jeu de rôle grandeur nature ! Pour moi, le GN représentait l’équivalent d’une société secrète de l’imaginaire. On sait que ça existe mais on a l’impression que c’est indéfinissable.

Et puis, au printemps, j’ai rencontré quelques GNistes à Rouen, amis d’un ami. Le déniaisement face à leurs récits fut dantesque. J’ai surtout ouvert des yeux ronds en apprenant que le jeu de rôle grandeur nature n’avait rien d’un tour par tour… “Mais ça serait marrant d’en tenter un petit comme ça !” avait ironisé mon pote. Lui et les autres parlaient de cette passion librement et sans mystères : fini les Illuminati dans mon esprit ! Et vu qu’il n’y avait finalement pas besoin de patience d’ange pour en être, que leurs récits mêlaient pirates, runes, steampunk, post-apo et éclats de rire, c’était décidé : je ne mourrais pas sans avoir participé à un GN !

Conseil n° 1 : Ne pas penser que les GNistes sont incompréhensibles. Ce sont des geeks comme tout le monde : ils aiment parler de tout, faire des blagues de merde et boire (ou non).

Stress et excitation de kermesse

Maintenant que le GN occupait la tête d’affiche de ma “bucket list” (doublant “se faire tatouer” et “se baigner dans un onsen”, les deux n’étant pas compatibles), restait à choisir le baptême du feu. Une rapide recherche internet m’apprit que le nombre de GN en France approche celui de restaurants à sushis, ce qui est une bonne chose dans les deux cas mais aide peu au choix. Je décidai donc de m’en remettre à Lizu, après tout déjà expérimentée dans le domaine. Elle devait bientôt suivre une amie aux Contes de la Brume, un GN estival. C’est ainsi que je m’incrustai, embarquant Célia au passage, histoire de former une invasion de novices.

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Invasion de novices incognito.

Conseil n° 2 : Partir avec au moins une connaissance. Dans son camp. Sinon tu ne la verras qu’au moment de la combattre… Ce qui peut aussi être amusant selon qui gagne.

Les préparatifs furent très stressants car j’avais peur de mal faire. Les Contes de la Brume se déroulent dans un univers médiéval-fantastique (medfan) asiatique où chaque peuple est inspiré d’une période moyenâgeuse d’un pays donné (Corée, Chine, Mongolie…). Comme nous devions jouer des soldats d’inspiration japonaise, j’ai par exemple acquis de véritables geta, des sandales japonaises n’ayant rien à voir avec un certain DJ – Il est d’ailleurs beaucoup plus facile de chantonner ses chansons que de marcher avec ces trucs mais ça, je ne le savais pas encore. De seconde main et commandées au Japon, j’ai eu peur qu’elles n’arrivent pas à temps. J’ai donc commandé une autre paire de chaussures, tout aussi inconfortables. Et plusieurs kimonos, au cas où ça n’aille pas. Et des accessoires à la pelle… Dont la moitié seulement a servi. J’ai floodé un ami d’amie sur Facebook, qui avait déjà participé à ce GN, pour avoir son avis sur chaque élément de mon costume, anxieuse que j’étais d’être un “brise-ambiance vivant”. Il a tenté de me rassurer mais le stress était là. Le découvert aussi, d’ailleurs.

Le jour J, la plupart des participants portait des baskets et les échanges d’armes/d’objets étaient légion pour compléter des attirails. J’ai remis mes ballerines avec joie.

Conseil n° 3 : Ne pas stresser pour son costume. Si vous le préparez en avance vous pourrez contacter les organisateurs pour une petite vérification mais les consignes vous sont normalement envoyées ou inscrites sur le site dédié… Et si vous n’avez pas reçu un gros brief, personne ne pourra vous en vouloir de ne pas afficher le costume parfait ! Comme le dirait un contact : “Le GN n’est pas de la reconstitution historique.” Cela ne veut pas dire qu’il faut vous balader en jogging (sauf si vous êtes un footballeur zombie) mais ça ne sert à rien de vous ruiner pour votre premier GN par peur de mal faire. Le loisir est coûteux, des dires des aficionados mais personne n’exige des débutants de disposer d’un dressing spécial “haches de barbares en onyx rouge et perruques de viking en véritables poils de yaks”.

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Costumes et ambiance au Fort. Crédit photo : Temporal Graphics.

Le trajet : un sas de transition depuis la vie réelle

Comme je ne pouvais pas poser ma matinée pour voyager en train, Lizu m’avait donné sa place en covoiturage avec l’une de ses amies. Le trajet fut sympathique et confirma bien vite que le “monde geek” (et celui du GN) sont tout petits : dans la voiture était aussi présent un camarade d’une communauté de jeux. Après avoir harcelé notre chauffeur de questions sur le GN en général et celui où nous nous rendions, j’ai écouté avec plaisir les anecdotes de tout le monde sur le pire et le meilleur des jeux de rôle grandeur nature. C’était plus fort que HBO et bien que le périph tenta de nous retenir des heures durant, nous arrivâmes à bon port aux Contes de la Brume.

Je n’étais déjà plus dans la réalité mais dans un week-end de l’imaginaire où des gens à l’esprit bon enfant m’avaient permis de glisser en douceur. A l’arrivée, j’appris que Lizu et Célia, elles, s’étaient perdues pendant trois heures sur le chemin entre la gare et le GN. Un début un peu moins sympathique.

Conseil n° 4 : Pour une première, si vous ne pouvez pas voyager avec vos amis, optez pour un covoit avec d’autres GNistes. Pas de regards en biais dans le train, pas de paumitude dans la forêt et surtout un voyage plus sympathique, qui permet en plus de répondre à vos interrogations de noob ! Cela peut nécessiter de poser toute votre journée car beaucoup de GNistes arrivent en avance afin de monter les tentes et de se mettre dans le bain. Profitez !

Comment jouer sans BG ?

Autant le dire tout de suite : le calvaire de Lizu et Célia n’était pas terminé. Bien qu’arrivées depuis un moment déjà, elles ne disposaient pas de background (BG), c’est-à-dire de fiche de personnage, de rôle à proprement parler.

En fait, personne n’en possédait dans notre camp.

Cela ne nous semblait pas primordial car nous représentions des “Chats”, des Personnages Non Joueurs (PNJ) principalement présents pour challenger les joueurs, agrémenter leur jeu et combattre contre eux. Pourtant, de nombreux joueurs n’avaient pas non plus reçu leurs BG. La nuit tombait et les gens entraient donc difficilement dans leurs rôles. On s’habillait en kimonos et on échangeait déjà nourriture comme prénoms mais le flou était palpable. En tant que novice, cette situation me paralysait pas mal car là où certains pouvaient déjà improviser, conscients des limites et des possibilités, je m’en tenais globalement à écouter les gens faire du tambour au coin du feu.

La transition du réel à l’imaginaire est donc restée en suspens un temps. Heureusement, le campement des “Chats” grouillait déjà de beaux costumes et de décorations diverses. En face, le camp des “Sangliers” s’agitait lui aussi. J’imaginais ce que donneraient des batailles… Et je n’avais pas encore vu l’intérieur du Fort, bastion de la majorité des joueurs !

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L’ennemi faisait toujours le malin en face de notre campement…

Conseil n° 5 : Les soucis d’organisation peuvent arriver à tout moment ! Si vous n’êtes pas du genre à improviser, prévoyez de quoi vous occuper… Mais a priori vous aurez toujours des gens autour de vous avec qui papoter ou un coup de patte à proposer pour une coiffure, une palissade ou un barbec’ (bien réel en plus !).

Un “character” impossible !

Il faisait nuit noire lorsque nos backgrounds nous furent remis. Et là, surprise ! Une semaine avant le GN, Lizu avait contacté le chef des artisans afin de connaître nos métiers précis… Mais ceux de nos fiches n’avaient rien à voir avec ce que nous avions prévu. De tisserande je devenais ingénieur tandis que Célia passait d’herboriste… à tisserande. Après un rapide échange d’accessoires (hello conseil n° 3), nous tentâmes d’apprendre nos noms. Je devenais Ayame Tsubo, artificière réfugiée dans l’armée suite à un râteau de la part de son mentor. Censée paraître légèrement folle et aimer faire péter des trucs, je décidai le lendemain d’acheter des fumigènes et des feux d’artifice lors d’une virée provisions au Leclerc du coin. Si les premiers m’ont un tout petit peu servi, je n’ai pas osé utiliser les seconds du week-end… Car en GN, on n’utilise pas de choses potentiellement dangereuses sans approbation des organisateurs ! Encore faut-il les trouver et oser les déranger.

IMG_24062017_152524_1498420771997Accessoires pour jouer les artisans (avec la bouteille saveur litchi japonisante).

Mon background m’avait également appris que je pouvais porter des armes longues. Or je n’avais aucune arme de ce type car nous pensions avant de débarquer que les artisans n’étaient pas autorisés à en porter. J’ai donc emprunté une demi-douzaine d’armes différentes pendant le week-end quand les gens n’en avaient pas besoin : de très belles épées, des lames faussement ensanglantées et une petite dague choupinette pour chatouiller derrière les oreilles.

Autre fail d’interprétation, mon personnage pouvait extraire des minerais… mais n’a rien pu miner de tout le week-end. En effet, une seule mine existait… dans la ville des joueurs, qui nous auraient tués à vue. Et son contenu n’avait aucune utilité pour nous. J’ai donc passé des heures à tenter de trouver des ressources en groupe pour rien d’un point de vue création. Notre maître artisan n’avait d’ailleurs aucune tâche à nous confier et aucune idée de ce qu’on aurait pu faire. Je suis donc restée de longs moments dans le camp à ne pas savoir quoi faire, désœuvrée et inutile.

Tout ça, c’était franchement frustrant. Interpréter une artificière sans artifices, une mineuse sans minerais et une guerrière sans armes aurait pu me plomber tout roleplay. Heureusement, il me restait la solution de secours : nous étions tous des militaires. Et nous avions un camp à garder.

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Lizu aussi garde le camp.

Le plus gros de mon “jeu” s’est donc concentré autour de la garde de la porte du camp, me conduisant même à tenir toute une nuit blanche à jouer les gros bras entre nos palissades. En compagnie d’autres soldats, je menaçais les gens qui osaient passer trop près de notre porte et je tentais de rivaliser (sans grand succès) dans des mini joutes verbales. Fatiguée mais entourée de rôlistes dans un esprit de franche camaraderie, j’appréciais le casse-croûte de 4 heures du mat’ tout autant que devoir effacer les tags “anti-Chats” laissés par ces *%*]@ de Sangliers sur nos murs ! Pour un peu, j’inscrivais “service militaire effectué” sur mon CV. Le point d’orgue matinal fut l’échec à réveiller notre relève à coups de tambour. En revanche, nous avions bien alerté le camp d’en face, dont les membres sortirent des tentes avec méfiance, prêts à en découdre. Oups !

Conseil n° 6 : J’aurais peut-être dû aller voir l’organisation pour savoir s’il était possible de rendre mon personnage plus “jouable” ou tout du moins plus utile à la communauté. Après tout, même un PNJ doit rendre le décor et les actions plus sympas pour les joueurs, donc se tourner les pouces assise dans un coin n’est bénéfique pour personne ! En tant que novice, vous n’aurez peut-être pas la confiance pour improviser afin de pallier votre désœuvrement, comme mes camarades partis jouer les ninjas de nuit ou encore se faire passer pour un mendiant en ville. N’hésitez donc pas à parler à un responsable si vous rencontrez un quelconque couac dans votre jeu ou fiche de perso.

Les meilleurs moments… et comment les rater

Ces circonstances malheureuses mises à part, je me suis tout de même débrouillée pour aggraver la situation. En effet, dès que quelque chose de “scripté” se déroulait, comme une grosse bataille ou une invasion de monstres, j’étais forcément partie prendre une douche ou chercher des mines dans la forêt (mines qui n’existaient pas, rappelons-le).

De l’affaire, j’ai raté certains des meilleurs moments du GN, ceux qui rassemblent les foules et les effets spéciaux.

Il n’empêche, la joie de la nouveauté et mon statut de novice m’ont quand même permis de m’amuser plus que de raison. J’ai retrouvé l’excitation et la liberté d’un enfant face à un bout de bois, à qui il est permis d’imaginer qu’il tient là aussi bien une épée qu’une baguette de sourcier ou une canne à pêche.

Pour reprendre l’exemple de la recherche de mines et de ressources, la moindre sortie comprenait son lot d’adrénaline du fait de nos nombreux ennemis. Nous tenions le siège de plusieurs peuples, aussi il était très facile d’imaginer que tenter d’assécher leurs ressources ou simplement de les croiser sur le chemin ne leur plairait pas du tout. Les artisans comme moi sortaient donc du camp escortés de guerriers, des samouraïs en l’occurrence, chargés de leur sécurité. Si on me disait de me coucher dans l’herbe, je le faisais, quitte à rester un quart d’heure le nez par terre en attendant que le petit groupe d’ennemis passe, ne nous distinguant pas dans la nuit. Cela peut sembler un peu bête mais j’ai littéralement adoré ces bouffées de stress “positif”. Mon cœur battait à tout rompre car je ne savais pas si quelqu’un n’allait pas s’approcher en douce pour mimer une décapitation et ainsi éliminer mon personnage du jeu. La traversée de camps ennemis était encore plus tendue : nous tentions alors d’avoir l’air normaux, presque membres dudit camp. Ces moments tendus m’ont énormément plu car ils relèvent des fondamentaux du jeu : on n’est plus seulement en train de contrôler Solid Snake ou Link tentant de s’infiltrer dans le château d’Hyrule. On devient ce type de personnage !

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Espionnage dans les souterrains…

Un autre de mes moments favoris fut la peur ressentie face à un “fantôme”, un bonhomme tout de noir vêtu et au pâle masque fluorescent. Pour tout vous dire, je ne me souviens même plus si ce gus portait un masque. Tout ce dont je me rappelle, c’est qu’il coupait la nuit vers moi en poussant des lamentations lugubres. J’ai tenté de le repousser à coups de fumigènes crépitants tout en lui couinant de ne pas s’approcher… Mais ce n’était qu’à moitié du jeu. Car je ressentais vraiment la peur, je m’y croyais vraiment. L’effet était parfait et son attitude m’a coupée de mon groupe, que je n’ai pu rejoindre que plus tard après un repli stratégique au camp… À toi, fantôme de la place, si tu lis ces lignes : merci. Pendant cinq minutes, j’ai vécu Le Voyage de Chihiro ou quelque chose d’approchant.

Conseil n° 7 : Il est évident que vous aurez de bons moments improvisés durant votre premier GN. Impossibles à prévoir, ils viendront vous surprendre avec joie. Cependant, si vous ne voulez pas rater les gros évènements, ne faites pas comme moi : renseignez-vous auprès des joueurs aguerris sur les probabilités horaires et prenez le pouls de l’ambiance avant de partir faire la sieste ! Ça serait dommage de rater le clou du spectacle…

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Le retour à la normale

Le dimanche, j’ai tout de même pu assister à un “gros” évènement : la fin. Bien que j’aie compris ce qui s’est passé de travers (la communication PNJ-orgas-PJ n’étant pas descendue jusqu’aux trouffions comme moi), c’était tout de même plaisant de participer à un effet de “masse” et d’observer les autres peuples se rassembler pour nous menacer ou faire les imbéciles à notre approche. Il y avait, là aussi, quelque chose de grisant. J’ai alors entrevu l’effet grandiose du nombre, de cette impression puissante de faire partie d’un faux groupe qui, sur le moment, n’est que trop vrai. La foule permet de se prendre au jeu de manière encore différente des petites actions et c’était un vrai plaisir que d’entrevoir ceci.

J’ai enfin pu aller visiter le Fort (réservé aux joueurs) mais suis tombée sur un ami de longue date dont j’ignorais la présence. Nos embrassades firent tomber une baguette de mes cheveux, qu’un passant ramassa et me tendit. Surprise, il s’agissait de l’ami-d’une-amie que j’avais quelques semaines plus tôt harcelé sur Facebook concernant mon costume. S’il ne sembla pas vraiment me reconnaître, le concours de circonstances m’amusa profondément : oui, le monde du GN était définitivement très petit.

Le Fort, impressionnant, abritait encore des chants, des bruits d’instruments, des plats de ramen et des tenues colorées. Mais déjà les premières voitures repartaient. J’allais bientôt les imiter et écrabouiller qui serait coincé entre les bagages et moi.

Au moment de démonter la tente, un petit blues m’a assaillie, le même qu’en fin de festival. Cette parenthèse à la campagne, entourée de gens sympathiques, inventifs et surprenants m’a fait énormément de bien. J’ai retrouvé, le temps d’un week-end, un plaisir oublié depuis mes années “club théâtre”. Différent ou plus fort, je ne sais pas. En tout cas, le GN se présente comme un monde qui m’impressionne énormément de par l’investissement de ses fans aux costumes, maniement des armes et connaissances historiques incroyables. J’adorerais en faire d’autres, découvrir d’autres thèmes et m’amuser dans d’autres mondes.

Seulement voilà : je n’ai pas vraiment osé combattre dans celui-là… Et je suis encore timide. Alors peut-être que j’attendrai d’être plus aguerrie avant de me risquer à un conseil n° 8 ! 😉

Cynthia “Ayame”, novice inutile mais heureuse

P.-S. : suite dans un prochain article, qui vous racontera une deuxième expérience bien différente…

Giant Days tome 1

 

Giant Days tome 1

Par John Allison (scénario) et Lissa Treiman (dessins) . Éditeur : Akileos. Prix : 10 euros.

Susan, Esther et Daisy partagent une chambre dans un campus britannique. On suit les aventures burlesques de ce trio, entre petits échecs et gros délires qui rappelleront sans doute à certaines leur quotidien étudiant (ou leurs vertes années ^^).

Les personnages

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Susan est une étudiante en médecine cool mais fière, légèrement hipster sur les bords, qui fume clope sur clope… et aime rendre la justice ! Un certain McGraw (qu’elle hait) la suit partout, pour de mystérieuses raisons…

Esther est une midinette gothique, fascinante, drôle et séduisante… mais sans doute un peu trop délurée pour suivre correctement ses cours de lettres et mener une vie sentimentale « normale ». Elle préfère les amours compliquées au gentil Ed.

Daisy a passé toute sa scolarité à domicile alors elle découvre le monde en même temps qu’elle découvre le campus. Elle est aussi adorable que naïve, ce qui lui vaut de se laisser entraîner dans de drôle d’histoires… Elle se pose tardivement des questions sur sa sexualité.

Mes impressions

Avant de m’envoyer le tome 1, l’éditrice m’avait décrit Giant Days comme un mélange entre la série Girls et les comics Scott Pilgrim. Après lecture, la comparaison me paraît assez juste. Un peu de Girls pour les filles qui se cherchent, dans une période entre deux âges où le chemin à prendre peut sembler flou, pas mal de Scott Pilgrim pour l’humour décalé et branché, qui donne un ton bien particulier.

Giant Days aborde des thématiques familières pour les jeunes d’aujourd’hui à travers des péripéties où le gag l’emporte souvent sur le réalisme. Cela procure à l’ensemble une impression de légèreté sans pour autant nuire à l’identification du lecteur ou de la lectrice. La B.D. traite ces différents sujets sans tabou, mais pas de manière dérangeante. Vous l’aurez compris, on ne retrouvera pas l’acidité de Girls ici, on est dans une démarche d’œuvre générationnelle également, mais plutôt feel-good !

Nos héroïnes sont, bien sûr, fort différentes, mais toutes les trois très attachantes. L’auteur a su éviter la caricature (oui, il y a une gothique, mais ce n’est pas la cynique de service, ouf !). Contrairement à Girls, qui se focalise beaucoup sur l’égocentrisme et le narcissisme de ses personnages, Giant Days met surtout en avant l’amitié qui les unit. Les petites vannes qu’elles s’envoient sont toujours teintées d’affection. Les personnages secondaires ne sont pas non plus dénués d’intérêt et je suis assez curieuse de les voir évoluer, ainsi que les relations qu’ils entretiennent avec nos trois héroïnes (Ed sortira-t-il de la friendzone ? Que va-t-il se passer entre Susan et McGraw ??).

Bref, une bonne série que j’ai hâte de poursuivre et que je vous encourage à découvrir !

Célia

 

 

 

 

 

WTF?! et Magical Girl Boy

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Magical Girl Boy (série complète en 2 volumes)

Par Môkon Icchokusen. Éditeur : Akata. Prix : 7,50 euros.

La jeune Saki rêve de devenir célèbre grâce au duo d’idoles Magical Twins, qu’elle forme avec sa meilleure amie. Malheureusement, les deux filles ne rencontrent aucun succès. Soudain, débarque un yakuza bien louche, qui révèle à Saki sa véritable destinée : elle doit hériter de sa mère un fantastique pouvoir. Un pouvoir qui la transforme en magical girl… de sexe masculin !

Au commencement était la collection WTF?!

Il semblerait qu’il faille une fois de plus féliciter les éditions Akata pour leur prise de risque. En 2015, l’éditeur qui aime publier des mangas originaux, à contre-courant, a lancé la collection WTF?! On y découvre des titres comme Ladyboy vs Yakuzas, l’île du désespoir (un yakuza transformé en femme malgré lui est envoyé sur une île perdue où tout le monde essaie de coucher avec lui/elle), Magical girl of the end (le Japon est envahi par des magical girls sadiques et trash), Virgin Dog Revolution (un chien puceau débarque sur Terre pour punir l’humanité)… La palme reviendrait peut-être à la série Tu seras un saumon, mon fils où un lycéen qui se branle dans une rivière finit par engendrer Sauman, l’homme saumon !
Bref, cette collection ne semble pas avoir de limites… Sans doute qu’Akata avait bien compris l’intérêt de proposer ce genre de contenu, au moment où des émissions YouTube comme What The Cut, qui compile et commente les trouvailles vidéo les plus déjantées du web, faisaient un carton. Sans parler du fameux concept « What The Fuck Japon », né du choc culturel causé par la découverte, par le reste du monde, de productions japonaises (produits de consommation, clips, publicités…) proprement hallucinantes. Internet a eu vite fait d’associer l’archipel nippon à l’insolite et à l’absurde.

Quelques autres titres de la collection WTF?!

Magical Girl Boy

Je n’ai pas eu l’occasion de lire d’autres titres de la collection WTF?! mais Magical Girl Boy me paraît idéal pour commencer en douceur. Le dessin est tout mignon, à la manière des shôjo manga, et sert bien le propos parodique.
On sent que l’auteur s’en est donné à cœur joie en proposant des personnages et des situations complètement débiles. Entre autres, j’ai fortement rigolé avec la mascotte typique des magical girls ici affublée d’une tête de yakuza véner, la meilleure amie amoureuse de l’héroïne façon Tomoko dans Sakura (mais ici légèrement obsessionnelle), le beau gosse que Saki doit sans cesse sauver et qui chante aux animaux telle une princesse Disney, les ennemis mélange de bisounours et de Musclor (à qui il pousse parfois des tentacules)…
Le tome 1 est en tous points conforme à ce à quoi je m’attendais. Le tome 2 poursuit le délire et donne une conclusion à tout ce beau bordel.
Le changement de sexe de certains personnages laissait croire qu’on aurait droit à davantage de quiproquos loufoques ou de triangles amoureux tirés par les cheveux, comme c’est le cas dans Ranma 1/2 ou dans nombre d’autres mangas où le héros change de sexe/se travestit/est hermaphrodite. Mais l’auteur a préféré, sans doute parce que la série est courte, se concentrer sur l’intrigue principale, l’invasion du monde humain par le mystérieux monde des ténèbres…

Célia