Zombies : des origines aux morts-vivants qui se démarquent

Qui dit mois d’octobre dit Halloween et nouvelle saison de The Walking Dead !

On vous propose donc un article sur nos amis les zombies.

Qu’est-ce qu’un zombie ? Du moins, qu’est-ce que la pop culture appelle un zombie ?
Car un zombie, un vrai, à la base, ne mange pas les cerveaux (a priori).

 

LE MYTHE DE DEPART

De nos jours encore, à Haïti, on trouve des adeptes du culte vaudou. Cette religion est héritée des croyances des premiers Africains amenés jadis sur l’île par les esclavagistes, croyances qui ont évolué en reprenant et assimilant certains éléments du catholicisme.

Des prêtres vaudou (bokors) se prétendent capables de relever les morts de leurs tombes. On appelle ces morts-vivants « zombi ».

Effectivement, les bokors savent fabriquer une drôle de mixture, la « poudre à zombi » dont l’ingrédient principal provient du fugu (poisson connu pour son très dangereux poison) : il s’agit d’une neurotoxine qui aurait comme propriété de donner au corps une apparence de mort clinique.

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Un bokor haïtien réduit en poudre une substance qui permettrait de créer des zombies.
Photo prise par Wade Davis, un anthropologue parti étudier le phénomène dans les années 1980.
Source :
Zombies ! de Jovanka Vuckovic, éditions Hoëbeke.

Rien d’étonnant à ce que quelques personnes déclarées mortes aient soudain ressuscité donc. La légende contiendrait bien une part de vérité ?

Bien sûr, la notion de « mort-vivant » ne se résume pas au zombi haïtien, il y a eu de tous temps des mythes décrivant des cadavres ambulants : Osiris, le dieu des morts égyptien a été réanimé par sa femme Isis qui a recousu les morceaux de son corps découpé… Sans parler de la Bible et de ses morts revenus à la vie : Jésus Christ, Lazare… … Et des vampires d’Europe de l’Est, pour ne citer que les plus connus.

Disons que le zombi haïtien est spécifiquement intéressant car son cerveau a été endommagé au cours du processus : ramené d’entre les morts sans son âme, le zombi n’a plus de volonté propre, le prêtre vaudou peut l’exploiter à sa guise (de là à dire qu’il s’agit d’une métaphore de l’esclavage dont ces populations ont autrefois souffert, il n’y a qu’un pas !).

Cette absence de réflexion, de conscience, on la retrouve chez le zombie « typique » de la pop culture.

 

LE ZOMBIE DANS LA POP CULTURE

Le mort-vivant envahit assez tôt la littérature. En 1704 paraît l’édition française des Mille et une nuits, dans l’un de ces contes un prince banni combat une armée de goules avant de les convertir à l’Islam. On peut aussi citer Frankenstein de Mary Shelley, ainsi que les récits de Poe, Lovecraft, et les pulps qui narrent des histoires de zombies haïtiens.

Puis le zombie s’attaque au cinéma, dès le film White zombie en 1932, et ne le quittera plus. Dans la plupart de ces productions, il s’agit d’une créature ressuscitée par une ou des personne(s) animée(s) de mauvaises intentions : sorciers, scientifiques, voire extraterrestres (après l’affaire Roswell, c’était à la mode).

L’influence de Frankenstein était aussi passée par là, la créature se rebellait ou non contre ses créateurs.

En tout cas le zombie n’était pas forcément amateur de chair fraîche…

 

1. Les zombies « Romero »

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Il faut attendre George Romero pour voir un nouvel archétype se dessiner avec La Nuit des morts-vivants (1968, image ci-dessus).

Le réalisateur s’inspire des créatures du roman Je suis une légende pour redéfinir les zombies. Dans l’œuvre de Richard Matheson, le monde est envahi par des sortes de vampires « un peu spéciaux ». Les mythes d’Europe de l’Est évoqués brièvement plus haut ont donc participé indirectement à forger les zombies modernes !

Dans le film de Romero, ceux-ci deviennent des êtres indépendants (ils ne sont pas soumis à un sorcier ou autre), portés par leur seule faim dévorante, et l’origine de leur transformation est secondaire.

Caractéristiques des zombies « Romero »

  • Lents.
  • Stupides.
  • Anthropophages.
  • Ne peuvent pas parler, juste grogner.
  • N’ont apparemment plus de conscience et agissent comme des animaux. Certains savent manipuler les objets, mais cela reste rudimentaire.
  • Cause de la résurrection : des radiations sont évoquées dans La Nuit des morts-vivants.
    Dans les autres films de Romero, on n’en parle pas vraiment. La mort d’une personne (quelle qu’en soit la cause) entraîne automatiquement sa transformation en zombie.
  • Mode de contamination : les personnes mordues deviennent des zombies à leur tour.
    La transmission par morsure impliquerait-elle un virus ? Pas forcément, en fait on peut le voir de cette manière : la morsure tue, et le mort se relève, comme tous les autres.
    (D’ailleurs, cette explication est aussi valable pour The Walking Dead).
  • Moyen de s’en débarrasser : détruire le cerveau.

Le zombie est un ennemi qui, du fait de sa lenteur, offre aux personnages vivants (auxquels nous nous identifions) des chances non négligeables de survie.

C’est toujours très réjouissant (et défoulant) de visionner un « monsieur tout le monde » capable de défoncer la tronche d’un zombie à coup de machette ou de batte de base-ball.

C’est probablement pour cela (entre autres) que cet archétype est devenu si populaire, et que les films de Romero ont fait des émules.

Autre aspect intéressant des films de zombies : il s’agit de films catastrophes ; à travers les réactions des différents protagonistes face à l’invasion (journalistes, forces de l’ordre, citoyen lambda, etc.) on peut aisément transmettre une critique de la société.

Les zombies de Romero évoluent au fil de ses films : leur stupidité et leur insensibilité sont remises en cause…

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Dans
Le Territoire des morts, les zombies apprennent à utiliser des armes.

Les zombies qui développent une forme d’intelligence (Boubou dans Le Jour des morts-vivants, le leader des zombies dans Le Territoire des morts) narguent et défient les figures d’autorité.

Une manière aussi de faire réfléchir sur la nature humaine, comme si les zombies étaient un fléau envoyé par un dieu mécontent contre des hommes se pensant maîtres du monde.

 

2. Les zombies rapides

Un autre type de zombie fit néanmoins concurrence à notre bon vieux Z  « Romero » un peu mou du genou et du cervelet : le zombie rapide.

Cette fois c’est une autre paire de manches et « monsieur tout le monde » risque de galérer à s’en débarrasser…

Le « contaminé » du film 28 jours plus tard de Danny Boyle (ci-dessous) a connu un certain succès et marqué les esprits.

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Il faut dire qu’il est beaucoup plus effrayant que le mort-vivant de Romero, car il sait courir et semble constamment boosté à l’adrénaline.

Le contaminé est-il un zombie ?

Disons que le contaminé ressemble à un zombie, dans le sens où il a perdu son identité et son humanité pour agir uniquement comme un prédateur avide de chair humaine.

Les personnes mordues par un contaminé finissent également par se transformer.

Mais le contaminé n’est pas un cadavre, c’est là toute la différence. Il s’agit d’un humain en proie à un virus qui le rend ultraviolent, à une sorte de « rage » extrême qui le pousse à tout dévorer sur son passage.

Le terme « zombie » ne devrait s’appliquer qu’aux morts-vivants, estiment certains puristes.

La distinction mort-vivant/contaminé peut quand même être assez floue.

Par exemple, dans le film Resident Evil, la cause de la zombification est un virus. Pourtant, les créatures sont bel et bien des morts-vivants. Et c’est la même chose pour les œuvres de Max Brooks (Guide de survie en territoire zombie, World War Z, etc.)

Pour y voir plus clair, on peut adopter ce point de vue : si la personne mordue meurt avant de passer à l’état de zombie, il s’agit d’un mort-vivant « à l’ancienne » et non d’un « contaminé ».

D’ailleurs « zombie qui court » ne veut pas nécessairement dire « contaminé. On peut tout à fait décider de mettre en scène des morts qui ont gardé la capacité de courir.

En fait, il est plus difficile qu’il n’y paraît de définir et de classer les zombies. Chaque auteur/scénariste amène son grain de sel, SA vision du zombie et tente d’innover pour faire rire ou flipper.

Voici quelques idées pour « personnaliser » les zombies…

 

DANS LE CADRE DE L’HORREUR/DU SCENARIO CATASTROPHE

Dans ce cadre bien précis, si l’on veut faire intervenir des zombies avec « un petit truc en plus », le but sera a priori de les rendre plus terrifiants que le stéréotype de base… Leur rajouter une capacité qui mettra les survivants plus en difficulté encore…

 1. Leur ajouter une capacité physique

Qu’ils soient morts-vivants ou contaminés, les faire courir est une bonne idée.

PAR CONTRE Les zombies sautilleurs tels des sauterelles dans le film World War Z illustrent une mauvaise idée de rajout de capacité…


Coucou, c’est moi, zombie jumper…

Cela devient totalement ridicule, alors que ce n’était pas le but (quoique… Quand on voit le reste du film on se demande !)

Les zombies du film World War Z ont aussi acquis le skill « Acrogym », ils sont capables de s’empiler les uns sur les autres pour franchir les murs… Au secours !

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Par contre le livre éponyme de Max Brooks (dont le film est une adaptation trèèèèèès libre) est vraiment bien, lisez-le.

 

2. Les rendre intelligents

Dans Le Territoire des morts de Romero certains zombies gagnent en intellect, et se montrent du coup beaucoup plus dangereux.

Tant qu’on y est, pourquoi ne pas ramener à la vie, avec toutes leurs capacités intellectuelles, des individus qui étaient déjà malsains de leur vivant ?

Par exemple des psychopathes nazis ???

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Dans Dead Snow, l’humour et l’horreur sont au rendez-vous, les zombies nazis sont absolument glaçants.

Pas sûr que Ben Laden et ses terroristes zombies fassent le même effet…

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DANS LE CADRE DE LA COMEDIE

1. Le gore qui fait rire

Si l’on veut baser l’humour sur l’apparence des zombies, on peut choisir l’option de surenchère du gore pour personnaliser notre zombie.

Dans Planète Terreur, de Robert Rodriguez, on a affaire à des zombies/contaminés (par une arme biochimique) véritablement dégueulasses. Il existe divers « stades » de la maladie : de quelques boutons purulents, à un cas que je qualifierais d’« éléphantiasis zombie »…

Les zombies peuvent également contaminer les gens en leur écrasant du pus mêlé de sang sur la tronche.

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Eléphantiasis zombie : ceci était à la base Bruce Willis…

 

Mais la parfaite illustration du genre, c’est Braindead de Peter Jackson, un film qui fait preuve d’une inventivité extraordinaire en termes de gags bien trash.

On y trouve un intestin qui se balade et fait sa vie indépendamment du corps dont il est issu, un bébé zombie très bizarre, et plein d’autres réjouissances… 😀

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Le fameux bébé zombie aime jouer à cache-cache…

 

2. Les animaux zombies

Les chiens zombies dans le jeu Resident Evil sont assez effrayants.

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Mais dans le cadre de la comédie, quoi de plus hilarant que de prendre un animal parfaitement inoffensif pour l’homme (herbivore c’est encore mieux !) et de le transformer en une bête enragée ?

On se souvient des lapins psychopathes de Sacré Graal

Voici le mouton zombie, dans Black Sheep, de Jonathan King.

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Notons la capacité des moutons-zombies à transformer les êtres humains, en les mordant, non pas en simples zombies, mais en humains-moutons-zombies (créature ci-dessous)…

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Autre animal à citer : le singe-rat de Braindead. Ce n’est pas un zombie à proprement parler, mais c’est par sa morsure que la contamination survient.

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Il a quand même une tronche qui fait peur… Moi, je lui ferais pas confiance !

 

DANS LE REGISTRE DE L’EMOTION

Dans Le Jour des morts-vivants, déjà, Romero nous introduisait le personnage de Boubou, zombie apprivoisé qui semble exprimer de l’attachement envers son bienfaiteur, le bien surnommé docteur Frankenstein.

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Boubou, tout ému, découvre la musique
.

Eh oui, dans certains films, les zombies sont capables d’émotion.

 

1. Le zombie à la sauce romantique

Shaun of the dead, de Edgar Wright, et Bienvenue à Zombieland, de Ruben Fleischer, sont des comédies jouant la carte romance + zombies, un combo qui marche plutôt bien, puisqu’on n’a pas besoin d’être fana de films d’horreur ou adepte de blagues hyper gores pour apprécier comme il se doit.

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En gros : on peut les regarder en famille. Et on rigole.

Mais les zombies n’y sont qu’un élément du décor et non les protagonistes de la romance.

Et si on misait sur le décalage entre l’horreur et le sentiment amoureux, en racontant l’histoire d’un zombie épris d’une vivante ou l’inverse ? Une sorte de Twilight version zombie ? Cela ne va pas plaire à tout le monde…

Cette idée est utilisée dans le roman Warm Bodies de Isaac Marion (Vivants en V.F.) et son adaptation cinématographique éponyme, où un zombie tombe sous le charme d’une vivante.

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2. Les zombies sont nos amis, il faut les aimer aussi

Si les zombies peuvent éprouver des sentiments, alors ils ne sont pas si différents des vivants. Et si on en faisait nos amis ?

Dans la série In the Flesh et le film Fido, l’apocalypse passée et les zombies maîtrisés, on décide de les réintégrer à la vie de tous les jours.

Dans Fido, de Andrew Currie,  ils sont domestiqués et servent les vivants.

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Dans la série britannique In the Flesh, les vivants tentent de réintroduire les zombies parmi eux en leur administrant un médicament qui, bien que restaurant leur personnalité, ne règle pas pour autant leur état physiologique, puisqu’ils demeurent des cadavres ambulants.

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Les morts se maquillent et portent des lentilles de contact pour se fondre dans la masse des vivants, mais des tensions subsistent entre les deux camps.

Pour faire un parallèle, penchons-nous sur les romans de Charlaine Harris, La Communauté du Sud, et leur adaptation en série TV, True Blood.

Ils revisitent le thème des vampires d’une manière assez similaire : ceux-ci s’intègrent peu à peu à la société en consommant du sang de synthèse, ce qui leur permet de ne plus avoir à tuer des humains pour survivre.

Aborder le thème de l’acceptation de créatures surnaturelles au sein de la communauté humaine est d’autant plus intéressant que l’action se place, pour les deux cas, dans un milieu rural plutôt réac.

La ressemblance avec la série d’HBO s’arrête là cependant.

In the Flesh est en tout cas la bonne surprise du moment en matière de productions zombies originales, et donne un nouveau souffle au genre avec brio.

A travers ces zombies capables de ressentir des émotions, des problèmes de société sont traités, comme la tolérance face à la différence, l’intégration des minorités, la réinsertion, le fanatisme religieux…

 

CONCLUSION

On constate de multiples façons de « personnaliser » les zombies.

Quelques-unes sont listées dans cet article mais, bien sûr, il existe d’innombrables œuvres comportant des zombies, et presque autant de zombies différents, car tous ne sont pas de simples copiés-collés du zombie haïtien, du zombie classique à la « Romero » ou du contaminé de 28 jours plus tard.

L’imagination des auteurs/réalisateurs étant sans limite, je suis persuadée qu’on doit trouver des requins-poulpes-zombies de l’espace quelque part…

De plus je n’ai abordé que la personnalisation physique et mentale du zombie, mais on peut aussi renouveler le genre en plaçant le zombie dans un contexte particulier : sur un terrain de football (Goal of the dead), au lycée (La Nuit des loosers vivants), dans un HLM bien craignos (La Horde), dans un univers fantasy (Game of Thrones)…

La bande dessinée The Walking Dead, bien que reprenant les codes de Romero, a également marqué le genre en produisant une véritable saga où l’on suit les survivants sur plusieurs années. Sa version TV est plébiscitée par le grand public, comme par les aficionados de zombies.

Et nul doute que les prochaines générations d’auteurs/réalisateurs innoveront encore de nouvelles façons.

Bref, le zombie n’est pas mort ! 🙂

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Ellia

Nanowrimo ou comment écrire un roman en tout juste 30 jours. Top chrono.

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Vous avez toujours rêvé d’écrire un roman ? Vous avez des idées débiles (ou pas !!) qui vous trottent dans la tête mais vous n’avez jamais eu le courage/l’énergie/le temps de vous y mettre. On a le remède pour vous.

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Logo du Nano. Du café (ou du thé ou du chocolat. Du papier et un ordi.
Et des warriors. Là, tout est dit.) 😀

 

Dans moins de 10 jours, débutera le Nanowrimo (National Novel Writing Month). Sous ce nom de code barbare se cache un défi vraiment pas comme les autres. L’idée est d’arriver à écrire un roman d’au moins 50 000 mots en 1 mois. Créé par des Américains en 1998, ce challenge littéraire a réuni 310 095 participants de tous les continents en 2013. Ils étaient mécaniciens, professeurs, acteurs, chargés de marketing ou assistants. Le 30 novembre 2013, ils étaient tous devenus romanciers.

Plus de 250 « Nanoteurs » ont vu leurs livres édités puis vendus en librairie. Parmi eux, peut-être que De l’eau pour les éléphants vous dira quelque chose…

Chaque année, des auteurs choisis par les organisateurs délivrent « des pep-talks »  (des encouragements) aux participants et parlent de leur façon d’écrire ou de construire un roman. L’an dernier, Veronica Roth (Divergente), Brandon Sanderson (Warbreaker, Légion, L’âme de l’empereur…), Kami Garcia (16 Lunes), et Jim Butcher (Les dossiers Desdren) et bien d’autres se sont prêtés à l’exercice.

Mais que gagne-t-on ? Eh bien rien du tout ! A part la satisfaction, incroyable, du travail accompli.

50 000 mots en un mois, croyez-moi, ce n’est pas rien.

Durant tout le mois, des réunions de Nanoteurs s’organisent un peu partout en France. Dans des salons de thé ou chez des particuliers, on se retrouve, on papote, on écrit (beaucoup). Cette année, les éditions Bragelonne sont partenaire du Nanowrimo français. C’est dans leurs locaux que se déroulera la soirée de lancement du marathon d’écriture.

Intéressé(e) ? Rendez-vous sur nanowrimo.org, pour découvrir la communauté française aussi active qu’enthousiaste !

Elena, Nanoteuse depuis 2008

Liens intéressants :

www.nanowrimo.org (le site officiel)

https://www.facebook.com/groups/nanowrimo.france/ (le groupe Facebook français)

www.wrimos.fr (le blog français avec tout plein d’explications)

Dracula Untold, des canines à 100 millions de dollars

Note : 3/5Dracula Untold de Gary Shore

Dracula Untold de Gary Shore (2014)

“Sometimes the word doesn’t need another hero, sometimes what it needs… is a monster”

Le propos : Au XVe siècle, à la fin de l’époque médiévale, la Transylvanie est sous le règne du Prince Vlad III qui a dû négocier la paix avec l’Empire Ottoman qui ne cesse de s’étendre.

Quand le sultan demande obligeamment un millier de jeunes recrues pour entretenir ses armées, le prince Vlad est face à une impasse. Pour s’en sortir, il part dans les montagnes et fait un pacte avec un ancien et affreux démon. Il acquiert des pouvoirs inhumains et une force colossale, avec comme malédiction d’être transformé en tueur buveur de sang. C’est sans compter la réaction de son peuple, qui prend peur et commence à se défier de lui.

Que doit-il faire ? Résister à la bête qui sommeille en lui ou se laisser emporter par l’instinct de prédateur pour sauver son peuple et sa famille?

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Avec un budget de 100 millions de dollars pour la production, Dracula Untold a tout l’air d’un blockbuster en puissance. Effets spéciaux tonitruants, scénario haletant, scènes d’action et effets de surprise à répétition, le film se paie le luxe d’une bande-son épique du compositeur de Game of Thrones (Ramin Djawadi).

Les origines du mythe de Dracula commencent avec le roman de l’écrivain irlandais Bram Stoker, publié en 1897. Après Frankenstein de Mary Shelley publié en 1818, c’est l’un des romans éponymes du genre fantastique gothique. Le XIXe siècle marque l’invention de la psychanalyse ; le roman de Bram Stoker sonde l’âme humaine en mêlant eros et thanatos, désir et mort. Dracula, c’est aussi l’expression métaphorique des dérives psychologiques de l’être humain, sombre, dangereusement proche des instincts de la bête.

Mythe donc, que le cinéma amplifie. Les films des grands réalisateurs Murnau, Coppola et consorts n’ont pas découragé pour autant les scénaristes à se pencher sur ce classique « sacré » pour en faire un gros blockbuster rutilant. Les scénaristes récupèrent certaines trames historiques comme le conflit avec Mehmet et les Ottomans ainsi que l’existence de Vlad III appelé « l’Empaleur », prince du XVe siècle (qui avait déjà inspiré Stoker) et mélangent allègrement son personnage avec celui de la fiction, le faisant devenir donc le Comte Dracula.

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C’était sans compter la difficulté d’incarner un personnage aussi connoté et archétypal sans en faire des tonnes. L’acteur britannique Luke Evans – vu dans Robin des Bois de Ridley Scott puis dans les Hobbit de Peter Jackson – n’en fait pas trop, voire pas assez, mais cela suffit puisque le scénario prend déjà suffisamment de place. Mention spéciale peut-être pour ses démonstrations d’extension de maxillaires.

Dans le roman d’origine, Dracula a déjà beaucoup de pouvoirs : il peut agir sur les éléments et son environnement, se transformer en animal, lire les pensées des autres et changer de taille. A partir de ce constat étonnant, on peut se montrer nettement plus indulgent avec le blockbuster : par exemple quand le héros se volatilise dans un nuage de chauves-souris pour secourir sa bien-aimée.

Gary Shore explique : « Nous souhaitions fouiller de nouvelles pistes qui ne soient pas conditionnées par ou asservies à la mythologie préexistante. C’est un film d’aventures. On voit Vlad prendre des décisions difficiles qui concernent sa femme et son fils. Ses actes sont la conséquence de ses choix dans des situations précises et il est motivé par la préservation de sa famille et de son peuple. »

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L’argent de la production a été bien rentabilisé : il a fallu 3 mois entiers pour préparer la scène dans laquelle Vlad se confronte à l’armée ottomane en contrôlant un « essaim » de chauves-souris.

Bande annonce officielle ici : http://www.youtube.com/watch?v=3_GXwf-S-8Q

Ce qui marche bien : les paysages et les décors qui reflètent l’univers sombre et gothique d’une possible Transylvanie (scène tournée en Irlande du Nord et retouchée en post-production avec effets spéciaux de pointe). Les expressions du dégoût du personnage principal pour lui-même quand il ressent les effets de la faim vampirique.

Ce qui ne marche pas : Le beau gosse vampire cliché. Le scénario condensé avec trop d’actions et de scènes de combat, mais aussi beaucoup d’effets de surprise qui deviennent agaçants à la longue. Passage encore trop en surface sur la psychologie et le morbide du personnage principal.

Lizu