Mon premier GN ou “Le week-end où j’ai été une femme-chat japonisante ingénieur et artificière”

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Si vous lisez Mageek, il y a de fortes chances que vous connaissiez l’existence du jeu de rôle grandeur nature, aussi appelé GN (voir article de Lizu dans notre numéro 4). Et si ce n’est pas le cas, rassurez-vous : il y a quelques mois, j’étais moi aussi complètement ignorante des GN. Je suis toujours une grosse noob en la matière mais mes erreurs étant toutes fraîches, vous trouverez dans ce récit quelques conseils si vous souhaitez tenter l’aventure !

Fantasmes sur le GN : les francs-maçons des geeks ?

Je pensais qu’il s’agissait de jeu de rôle au tour par tour, où des individus très patients poireautaient dans des ruines ou aux abords d’une forêt le temps que le MJ les autorise à avancer d’un mètre ou à conduire une action. Je visualisais des jets de dés au milieu de cimetières et des bastons de RPG saccadées comme dans un vieux Final Fantasy. Il faut dire que le GN peut parfois avoir mauvaise presse même au sein de cercles geeks, où j’ai pu entendre des gamers et parfois même des rôlistes papier se méfier de “gus qui se costument et jouent à faire comme si”. Paradoxal, quand on y pense, mais c’est un fait : la communauté GNiste n’est pas la mieux connue. Comme le furry, ou le speedrunning,  ses arcanes semblent n’appartenir qu’à ses membres et ne dépassent pas ses bornes. Et encore, à 31 ans, je savais beaucoup plus de choses sur le furry ou le speedrunning (sans pratiquer aucun des deux) que sur le jeu de rôle grandeur nature ! Pour moi, le GN représentait l’équivalent d’une société secrète de l’imaginaire. On sait que ça existe mais on a l’impression que c’est indéfinissable.

Et puis, au printemps, j’ai rencontré quelques GNistes à Rouen, amis d’un ami. Le déniaisement face à leurs récits fut dantesque. J’ai surtout ouvert des yeux ronds en apprenant que le jeu de rôle grandeur nature n’avait rien d’un tour par tour… “Mais ça serait marrant d’en tenter un petit comme ça !” avait ironisé mon pote. Lui et les autres parlaient de cette passion librement et sans mystères : fini les Illuminati dans mon esprit ! Et vu qu’il n’y avait finalement pas besoin de patience d’ange pour en être, que leurs récits mêlaient pirates, runes, steampunk, post-apo et éclats de rire, c’était décidé : je ne mourrais pas sans avoir participé à un GN !

Conseil n° 1 : Ne pas penser que les GNistes sont incompréhensibles. Ce sont des geeks comme tout le monde : ils aiment parler de tout, faire des blagues de merde et boire (ou non).

Stress et excitation de kermesse

Maintenant que le GN occupait la tête d’affiche de ma “bucket list” (doublant “se faire tatouer” et “se baigner dans un onsen”, les deux n’étant pas compatibles), restait à choisir le baptême du feu. Une rapide recherche internet m’apprit que le nombre de GN en France approche celui de restaurants à sushis, ce qui est une bonne chose dans les deux cas mais aide peu au choix. Je décidai donc de m’en remettre à Lizu, après tout déjà expérimentée dans le domaine. Elle devait bientôt suivre une amie aux Contes de la Brume, un GN estival. C’est ainsi que je m’incrustai, embarquant Célia au passage, histoire de former une invasion de novices.

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Invasion de novices incognito.

Conseil n° 2 : Partir avec au moins une connaissance. Dans son camp. Sinon tu ne la verras qu’au moment de la combattre… Ce qui peut aussi être amusant selon qui gagne.

Les préparatifs furent très stressants car j’avais peur de mal faire. Les Contes de la Brume se déroulent dans un univers médiéval-fantastique (medfan) asiatique où chaque peuple est inspiré d’une période moyenâgeuse d’un pays donné (Corée, Chine, Mongolie…). Comme nous devions jouer des soldats d’inspiration japonaise, j’ai par exemple acquis de véritables geta, des sandales japonaises n’ayant rien à voir avec un certain DJ – Il est d’ailleurs beaucoup plus facile de chantonner ses chansons que de marcher avec ces trucs mais ça, je ne le savais pas encore. De seconde main et commandées au Japon, j’ai eu peur qu’elles n’arrivent pas à temps. J’ai donc commandé une autre paire de chaussures, tout aussi inconfortables. Et plusieurs kimonos, au cas où ça n’aille pas. Et des accessoires à la pelle… Dont la moitié seulement a servi. J’ai floodé un ami d’amie sur Facebook, qui avait déjà participé à ce GN, pour avoir son avis sur chaque élément de mon costume, anxieuse que j’étais d’être un “brise-ambiance vivant”. Il a tenté de me rassurer mais le stress était là. Le découvert aussi, d’ailleurs.

Le jour J, la plupart des participants portait des baskets et les échanges d’armes/d’objets étaient légion pour compléter des attirails. J’ai remis mes ballerines avec joie.

Conseil n° 3 : Ne pas stresser pour son costume. Si vous le préparez en avance vous pourrez contacter les organisateurs pour une petite vérification mais les consignes vous sont normalement envoyées ou inscrites sur le site dédié… Et si vous n’avez pas reçu un gros brief, personne ne pourra vous en vouloir de ne pas afficher le costume parfait ! Comme le dirait un contact : “Le GN n’est pas de la reconstitution historique.” Cela ne veut pas dire qu’il faut vous balader en jogging (sauf si vous êtes un footballeur zombie) mais ça ne sert à rien de vous ruiner pour votre premier GN par peur de mal faire. Le loisir est coûteux, des dires des aficionados mais personne n’exige des débutants de disposer d’un dressing spécial “haches de barbares en onyx rouge et perruques de viking en véritables poils de yaks”.

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Costumes et ambiance au Fort. Crédit photo : Temporal Graphics.

Le trajet : un sas de transition depuis la vie réelle

Comme je ne pouvais pas poser ma matinée pour voyager en train, Lizu m’avait donné sa place en covoiturage avec l’une de ses amies. Le trajet fut sympathique et confirma bien vite que le “monde geek” (et celui du GN) sont tout petits : dans la voiture était aussi présent un camarade d’une communauté de jeux. Après avoir harcelé notre chauffeur de questions sur le GN en général et celui où nous nous rendions, j’ai écouté avec plaisir les anecdotes de tout le monde sur le pire et le meilleur des jeux de rôle grandeur nature. C’était plus fort que HBO et bien que le périph tenta de nous retenir des heures durant, nous arrivâmes à bon port aux Contes de la Brume.

Je n’étais déjà plus dans la réalité mais dans un week-end de l’imaginaire où des gens à l’esprit bon enfant m’avaient permis de glisser en douceur. A l’arrivée, j’appris que Lizu et Célia, elles, s’étaient perdues pendant trois heures sur le chemin entre la gare et le GN. Un début un peu moins sympathique.

Conseil n° 4 : Pour une première, si vous ne pouvez pas voyager avec vos amis, optez pour un covoit avec d’autres GNistes. Pas de regards en biais dans le train, pas de paumitude dans la forêt et surtout un voyage plus sympathique, qui permet en plus de répondre à vos interrogations de noob ! Cela peut nécessiter de poser toute votre journée car beaucoup de GNistes arrivent en avance afin de monter les tentes et de se mettre dans le bain. Profitez !

Comment jouer sans BG ?

Autant le dire tout de suite : le calvaire de Lizu et Célia n’était pas terminé. Bien qu’arrivées depuis un moment déjà, elles ne disposaient pas de background (BG), c’est-à-dire de fiche de personnage, de rôle à proprement parler.

En fait, personne n’en possédait dans notre camp.

Cela ne nous semblait pas primordial car nous représentions des “Chats”, des Personnages Non Joueurs (PNJ) principalement présents pour challenger les joueurs, agrémenter leur jeu et combattre contre eux. Pourtant, de nombreux joueurs n’avaient pas non plus reçu leurs BG. La nuit tombait et les gens entraient donc difficilement dans leurs rôles. On s’habillait en kimonos et on échangeait déjà nourriture comme prénoms mais le flou était palpable. En tant que novice, cette situation me paralysait pas mal car là où certains pouvaient déjà improviser, conscients des limites et des possibilités, je m’en tenais globalement à écouter les gens faire du tambour au coin du feu.

La transition du réel à l’imaginaire est donc restée en suspens un temps. Heureusement, le campement des “Chats” grouillait déjà de beaux costumes et de décorations diverses. En face, le camp des “Sangliers” s’agitait lui aussi. J’imaginais ce que donneraient des batailles… Et je n’avais pas encore vu l’intérieur du Fort, bastion de la majorité des joueurs !

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L’ennemi faisait toujours le malin en face de notre campement…

Conseil n° 5 : Les soucis d’organisation peuvent arriver à tout moment ! Si vous n’êtes pas du genre à improviser, prévoyez de quoi vous occuper… Mais a priori vous aurez toujours des gens autour de vous avec qui papoter ou un coup de patte à proposer pour une coiffure, une palissade ou un barbec’ (bien réel en plus !).

Un “character” impossible !

Il faisait nuit noire lorsque nos backgrounds nous furent remis. Et là, surprise ! Une semaine avant le GN, Lizu avait contacté le chef des artisans afin de connaître nos métiers précis… Mais ceux de nos fiches n’avaient rien à voir avec ce que nous avions prévu. De tisserande je devenais ingénieur tandis que Célia passait d’herboriste… à tisserande. Après un rapide échange d’accessoires (hello conseil n° 3), nous tentâmes d’apprendre nos noms. Je devenais Ayame Tsubo, artificière réfugiée dans l’armée suite à un râteau de la part de son mentor. Censée paraître légèrement folle et aimer faire péter des trucs, je décidai le lendemain d’acheter des fumigènes et des feux d’artifice lors d’une virée provisions au Leclerc du coin. Si les premiers m’ont un tout petit peu servi, je n’ai pas osé utiliser les seconds du week-end… Car en GN, on n’utilise pas de choses potentiellement dangereuses sans approbation des organisateurs ! Encore faut-il les trouver et oser les déranger.

IMG_24062017_152524_1498420771997Accessoires pour jouer les artisans (avec la bouteille saveur litchi japonisante).

Mon background m’avait également appris que je pouvais porter des armes longues. Or je n’avais aucune arme de ce type car nous pensions avant de débarquer que les artisans n’étaient pas autorisés à en porter. J’ai donc emprunté une demi-douzaine d’armes différentes pendant le week-end quand les gens n’en avaient pas besoin : de très belles épées, des lames faussement ensanglantées et une petite dague choupinette pour chatouiller derrière les oreilles.

Autre fail d’interprétation, mon personnage pouvait extraire des minerais… mais n’a rien pu miner de tout le week-end. En effet, une seule mine existait… dans la ville des joueurs, qui nous auraient tués à vue. Et son contenu n’avait aucune utilité pour nous. J’ai donc passé des heures à tenter de trouver des ressources en groupe pour rien d’un point de vue création. Notre maître artisan n’avait d’ailleurs aucune tâche à nous confier et aucune idée de ce qu’on aurait pu faire. Je suis donc restée de longs moments dans le camp à ne pas savoir quoi faire, désœuvrée et inutile.

Tout ça, c’était franchement frustrant. Interpréter une artificière sans artifices, une mineuse sans minerais et une guerrière sans armes aurait pu me plomber tout roleplay. Heureusement, il me restait la solution de secours : nous étions tous des militaires. Et nous avions un camp à garder.

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Lizu aussi garde le camp.

Le plus gros de mon “jeu” s’est donc concentré autour de la garde de la porte du camp, me conduisant même à tenir toute une nuit blanche à jouer les gros bras entre nos palissades. En compagnie d’autres soldats, je menaçais les gens qui osaient passer trop près de notre porte et je tentais de rivaliser (sans grand succès) dans des mini joutes verbales. Fatiguée mais entourée de rôlistes dans un esprit de franche camaraderie, j’appréciais le casse-croûte de 4 heures du mat’ tout autant que devoir effacer les tags “anti-Chats” laissés par ces *%*]@ de Sangliers sur nos murs ! Pour un peu, j’inscrivais “service militaire effectué” sur mon CV. Le point d’orgue matinal fut l’échec à réveiller notre relève à coups de tambour. En revanche, nous avions bien alerté le camp d’en face, dont les membres sortirent des tentes avec méfiance, prêts à en découdre. Oups !

Conseil n° 6 : J’aurais peut-être dû aller voir l’organisation pour savoir s’il était possible de rendre mon personnage plus “jouable” ou tout du moins plus utile à la communauté. Après tout, même un PNJ doit rendre le décor et les actions plus sympas pour les joueurs, donc se tourner les pouces assise dans un coin n’est bénéfique pour personne ! En tant que novice, vous n’aurez peut-être pas la confiance pour improviser afin de pallier votre désœuvrement, comme mes camarades partis jouer les ninjas de nuit ou encore se faire passer pour un mendiant en ville. N’hésitez donc pas à parler à un responsable si vous rencontrez un quelconque couac dans votre jeu ou fiche de perso.

Les meilleurs moments… et comment les rater

Ces circonstances malheureuses mises à part, je me suis tout de même débrouillée pour aggraver la situation. En effet, dès que quelque chose de “scripté” se déroulait, comme une grosse bataille ou une invasion de monstres, j’étais forcément partie prendre une douche ou chercher des mines dans la forêt (mines qui n’existaient pas, rappelons-le).

De l’affaire, j’ai raté certains des meilleurs moments du GN, ceux qui rassemblent les foules et les effets spéciaux.

Il n’empêche, la joie de la nouveauté et mon statut de novice m’ont quand même permis de m’amuser plus que de raison. J’ai retrouvé l’excitation et la liberté d’un enfant face à un bout de bois, à qui il est permis d’imaginer qu’il tient là aussi bien une épée qu’une baguette de sourcier ou une canne à pêche.

Pour reprendre l’exemple de la recherche de mines et de ressources, la moindre sortie comprenait son lot d’adrénaline du fait de nos nombreux ennemis. Nous tenions le siège de plusieurs peuples, aussi il était très facile d’imaginer que tenter d’assécher leurs ressources ou simplement de les croiser sur le chemin ne leur plairait pas du tout. Les artisans comme moi sortaient donc du camp escortés de guerriers, des samouraïs en l’occurrence, chargés de leur sécurité. Si on me disait de me coucher dans l’herbe, je le faisais, quitte à rester un quart d’heure le nez par terre en attendant que le petit groupe d’ennemis passe, ne nous distinguant pas dans la nuit. Cela peut sembler un peu bête mais j’ai littéralement adoré ces bouffées de stress “positif”. Mon cœur battait à tout rompre car je ne savais pas si quelqu’un n’allait pas s’approcher en douce pour mimer une décapitation et ainsi éliminer mon personnage du jeu. La traversée de camps ennemis était encore plus tendue : nous tentions alors d’avoir l’air normaux, presque membres dudit camp. Ces moments tendus m’ont énormément plu car ils relèvent des fondamentaux du jeu : on n’est plus seulement en train de contrôler Solid Snake ou Link tentant de s’infiltrer dans le château d’Hyrule. On devient ce type de personnage !

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Espionnage dans les souterrains…

Un autre de mes moments favoris fut la peur ressentie face à un “fantôme”, un bonhomme tout de noir vêtu et au pâle masque fluorescent. Pour tout vous dire, je ne me souviens même plus si ce gus portait un masque. Tout ce dont je me rappelle, c’est qu’il coupait la nuit vers moi en poussant des lamentations lugubres. J’ai tenté de le repousser à coups de fumigènes crépitants tout en lui couinant de ne pas s’approcher… Mais ce n’était qu’à moitié du jeu. Car je ressentais vraiment la peur, je m’y croyais vraiment. L’effet était parfait et son attitude m’a coupée de mon groupe, que je n’ai pu rejoindre que plus tard après un repli stratégique au camp… À toi, fantôme de la place, si tu lis ces lignes : merci. Pendant cinq minutes, j’ai vécu Le Voyage de Chihiro ou quelque chose d’approchant.

Conseil n° 7 : Il est évident que vous aurez de bons moments improvisés durant votre premier GN. Impossibles à prévoir, ils viendront vous surprendre avec joie. Cependant, si vous ne voulez pas rater les gros évènements, ne faites pas comme moi : renseignez-vous auprès des joueurs aguerris sur les probabilités horaires et prenez le pouls de l’ambiance avant de partir faire la sieste ! Ça serait dommage de rater le clou du spectacle…

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Le retour à la normale

Le dimanche, j’ai tout de même pu assister à un “gros” évènement : la fin. Bien que j’aie compris ce qui s’est passé de travers (la communication PNJ-orgas-PJ n’étant pas descendue jusqu’aux trouffions comme moi), c’était tout de même plaisant de participer à un effet de “masse” et d’observer les autres peuples se rassembler pour nous menacer ou faire les imbéciles à notre approche. Il y avait, là aussi, quelque chose de grisant. J’ai alors entrevu l’effet grandiose du nombre, de cette impression puissante de faire partie d’un faux groupe qui, sur le moment, n’est que trop vrai. La foule permet de se prendre au jeu de manière encore différente des petites actions et c’était un vrai plaisir que d’entrevoir ceci.

J’ai enfin pu aller visiter le Fort (réservé aux joueurs) mais suis tombée sur un ami de longue date dont j’ignorais la présence. Nos embrassades firent tomber une baguette de mes cheveux, qu’un passant ramassa et me tendit. Surprise, il s’agissait de l’ami-d’une-amie que j’avais quelques semaines plus tôt harcelé sur Facebook concernant mon costume. S’il ne sembla pas vraiment me reconnaître, le concours de circonstances m’amusa profondément : oui, le monde du GN était définitivement très petit.

Le Fort, impressionnant, abritait encore des chants, des bruits d’instruments, des plats de ramen et des tenues colorées. Mais déjà les premières voitures repartaient. J’allais bientôt les imiter et écrabouiller qui serait coincé entre les bagages et moi.

Au moment de démonter la tente, un petit blues m’a assaillie, le même qu’en fin de festival. Cette parenthèse à la campagne, entourée de gens sympathiques, inventifs et surprenants m’a fait énormément de bien. J’ai retrouvé, le temps d’un week-end, un plaisir oublié depuis mes années “club théâtre”. Différent ou plus fort, je ne sais pas. En tout cas, le GN se présente comme un monde qui m’impressionne énormément de par l’investissement de ses fans aux costumes, maniement des armes et connaissances historiques incroyables. J’adorerais en faire d’autres, découvrir d’autres thèmes et m’amuser dans d’autres mondes.

Seulement voilà : je n’ai pas vraiment osé combattre dans celui-là… Et je suis encore timide. Alors peut-être que j’attendrai d’être plus aguerrie avant de me risquer à un conseil n° 8 ! 😉

Cynthia “Ayame”, novice inutile mais heureuse

P.-S. : suite dans un prochain article, qui vous racontera une deuxième expérience bien différente…

Dans l’Antre du Côté Obscur, les méchants se tapent l’affiche ! (jusqu’au 27 novembre)

Dans l’Antre du Côté Obscur, un nom mystérieux qui annonce un regroupement tout aussi sombre et étrange. Un collectionneur fou, érudit et geek à la fois, a pu rassembler dans sa caverne aux mille merveilles les œuvres d’artistes actuels qui se sont exprimés dans une envolée lyrique autour du thème des sales types, des vilains, des méchants ! En passant des plus célèbres qu’on affectionne particulièrement à ceux qui sont inconnus mais qui suscitent plein d’intérêt et de méfiance.

À l’âge de l’avènement de l’anti-héro(ïne) dans tous les bons scénarios, les méchants deviennent des icônes charismatiques et fascinantes, qui laissent entrevoir parfois une facette humaine qui en sort contrastée, ou plus vulnérable ou qui se noie dans la folie. Marginaux, hors normes, ils sont à la fois mis au ban de la société et sous le feu des projecteurs.

Dans l’ambiance du Dernier Bar… unique en son genre, les toiles sont réparties de manière inventive et bien trouvée dans tous les recoins.

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Le rez-de-chaussée, là où les geeks soiffards se rassemblent chaleureusement autour de tables dans de grands fauteuils en cuir pour jouer au Munchkin, on peut apercevoir quelques toiles très bien mises en valeur par les effets de lumière

Rien n’a été bouleversé pour l’installation de l’exposition et les toiles viennent s’intégrer discrètement mais efficacement dans le décor du Dernier Bar. Dans la descente d’escalier, un immense Sephiroth trône en bas de la première volée de marche.

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Il semble attendre un mot de passe comme le tableau de la chambre de Gryffondor dans Harry Potter. Au coude du couloir, sur le palier, il est accompagné d’un Alien ultra épuré et esthétisé et d’un magnifique ensemble de collages des super-héros de Batman.

Les propos des artistes sont retranscrits dans un encadré descriptif qui accompagne chaque toile. Chacun s’exprime sur son méchant, et la raison pour laquelle il a choisi de le représenter. Il est dommage qu’il n’y ait pas plus de détails sur les techniques de composition de chaque œuvre.

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Un kirigami géant de Venom nous surplombe. Très impressionnant  d’un point de vue technique mais aussi et surtout parfaitement installé pour l’effet scénographique de l’exposition.

Le premier sous-sol est privatisé pour l’événement vernissage ce soir-là. Les tables ont été poussées et la circulation est plus fluide. Un petit buffet libre est proposé aux invités.

D’entrée de jeu, c’est le vitrail de Cersei Lannister qui saute aux yeux , illuminé par un système de boîte rétroéclairée, la divine méchante nous toise de son regard, un verre de vin à la main (toujours). La salle propose aussi de découvrir d’autres toiles.

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Le deuxième sous-sol est dédié aux œuvres plus imposantes comme cette sculpture massive et de grandes toiles comme le portrait style florentin XVIIIe siècle de Rogue (prof de Défense contre les forces du Mal dans Harry Potter) .

L’exposition est visible jusqu’au 27 novembre 2016, alors allez boire un verre au Dernier Bar d’ici là car ça vaut le coup d’œil !

Exposition jusqu’au 27 novembre, Dernier Bar avant la fin du monde par LES CURIEUSES EXPOSITIONS.

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Interview d’Edouard Noisette sur son œuvre The Shrike appears

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Mageek : Bonjour Edouard ! Peux-tu nous parler de ton parcours ?

Edouard Noisette : J’ai fait les Beaux-Arts et ensuite une école d’animation 3D, j’ai un peu une double casquette en art contemporain et en animation. Au final je n’ai fait ni l’un ni l’autre en sortant de l’école, je suis devenu illustrateur concept-artist en freelance. Depuis, j’ai pu travailler sur pleins de projets comme des web-séries, couvertures de livres, pochettes d’albums…

J’aime beaucoup développer mes projets en racontant mes propres histoires mais j’aime aussi raconter les histoires des autres et c’est ce que je fais en tant que concept-artist. J’aime raconter des histoires complexes sous l’apparence d’un truc second degré. C’est quelque chose que j’adore dans Blade Runner, il y a ce côté très facile d’accès mais plus riche avec une méta-histoire derrière.

Quelles sont tes références  ?

Majoritairement des références cinéma fantastique et de science-fiction : Blade Runner, Star Wars, Akira. Mes références S.-F. littéraires sont Dune, Asimov, je suis un grand fan d’Histoire et de grandes saga étendues.

Pourquoi exposer cette création en particulier ?

Cette illustration représente une scène d’Hypérion de Dan Simmons. C’est un livre que j’ai lu étant étudiant, et qui m’a sidéré. Sorti en 1991, il avait à la fois une scénario proche d’Alien avec des créatures indestructibles qui poursuivent le héros, et toute une réflexion sur le futur des machines, l’intelligence artificielle, internet… Il y a littéralement des smartphones ! Un bouquin complètement visionnaire, tout en ayant ce côté S.-F. classique punk.

L’œuvre ici exposée représente une scène décisive qui arrive au climax du 3e livre. C’est l’ouverture du tombeau du temps et l’apparition du Shrike, une créature surpuissante. Une confrontation entre les machines qui est peut-être à l’origine du Shrike. Des pèlerins sont envoyés en mission pour enquêter sur le phénomène et tenter de bouleverser le cours des choses. En toile de fond, il y a une guerre qui se déroule entre différentes branches de l’humanité. Une branche qui est restée très proche de notre civilisation qui se déplace grâce à des portes de téléportation entre les planètes, et à côté, d’autres humains qui sont partis dans l’espace et ont évolué en créatures de l’espace.

Quels sont tes futurs projets ?

Je travaille sur un projet de film noir fantastique, dans un univers années 30 un peu série B avec des créatures horrifiques. L’Appel de Chtulu est l’ambiance que je recherche un peu par exemple.

Pour continuer à plonger dans l’univers d’Edouard Noisette :

www.edouard-noisette.com
www.artstation.com/artist/silber

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Moldues infiltrées

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Une partie de l’équipe de Mageek s’est infiltrée à la Wizards Secret Party, qui s’est déroulée à Paris, le 23 avril 2016. Une soirée mise en place par Paint Cakes, une société de pâtisserie qui se spécialise dans la création de gâteaux geeks et autres cupcakes aussi beaux que délicieux.

Nous l’avions déjà deviné à travers l’interview qu’elle nous avait donnée l’an dernier : Julie, la créatrice de Paint Cakes, est une jeune femme qui déborde d’idées plus originales les unes que les autres.

Bien que ses produits remportent déjà un franc succès, elle souhaitait que Paint Cakes aille encore plus loin, ainsi elle s’est lancée dans l’organisation de cette soirée sur le thème de Harry Potter.

Il faut savoir que nous aimons le sucre et les choses mignonnes et que, par-dessus tout, nous aimons Harry Potter.

13123188_1161178183916488_867970421881341053_oPhoto officielle de Paint Cakes, illustrant à merveille l’ambiance de la soirée.

L’ambiance, donc…

Parées de nos pass, nous entrons à 20 heures tapantes dans les Caves Saint-Sabin, entièrement décorées pour l’occasion. Nous sommes accueillies par la directrice de Poudlard qui nous met aussitôt dans l’ambiance, nous promettant, bièraubeurre, jeux, ateliers créatifs et surprises (de Bertie Crochue) en tous genres.

Il fait sombre et l’endroit est surpeuplé de sorciers et de sorcières. Certains ont revêtu leur costume d’apparat et ne manqueront pas de défiler lors du concours de cosplay qui se déroulera un peu plus tard dans la Grande Salle. D’autres sont venus, incognito, déguisés en Moldus. Habile.

13340284_10207646747819878_4186566511141504424_oNous n’avons croisé la route d’aucun serpent géant. Nous avons quand même checké les coins de couloirs avec nos téléphones. On ne sait jamais.

Rien n’est laissé au hasard. Des posters « Ennemi numéro 1 » côtoient les armoiries de Poudlard. Le bar sert de la bièraubeurre à la cannelle, moussue et délicieuse, et d’autres cocktails inspirés par l’univers magique de Harry (comme le Veritaserum, que nous vous conseillons (chose que nous n’aurions jamais pensé dire)). Tous les invités ont le droit à une boisson et un cupcake gratis, c’est la maison qui régale.

Les activités

Le programme des réjouissances est à se damner.

  • Un concours de cosplay : on voit passer Viktor Krum, Gilderoy Lockart qui se fait un plaisir de signer des autographes à ses fans au bord des larmes, Fleur Delacour, un membre de l’équipe de Quidditch Gryffondor…

13041407_10208383426518623_5744165403473312401_oLupiot, en mode fangirl en compagnie de M. Gilderoy Lockhart. Si, si. 

  • Un atelier « Faites votre baguette magique » auquel on s’inscrit prestement et duquel on ressortira arborant fièrement notre nouvelle baguette après peinture et enrobage de colle chaude. Recommandé, même à ceux qui ont deux mains gauches. Bon, après, on ne vous garantit pas l’efficacité de l’artefact, mais Ollivander n’était pas de la partie, ce vieil asocial misanthrope.

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Un beau morceau de bois, un pistolet à colle, et la magie opère !

  • La Tour de divination est ouverte à ceux qui veulent se faire prédire l’avenir.
  • Les sorciers les plus braves tenteront aussi une partie de Loup-Garou magique, où chacun y va de sa stratégie diabolique pour 1) estourbir et sommairement assassiner les autres joueurs dans leur sommeil, s’il est un Mangemort, ou 2) argumenter de façon soûle et confuse pour tenter, dans le cas contraire, d’expédier les Mangemorts à un séjour de charme à Azkaban.
  • Il y avait aussi la possibilité de participer à la pratique ancienne, élégante et terrifiante du Duel de thé, qui consiste à mordre dans son biscuit après l’avoir trempé dans son thé et ce, sans le casser.
  • Enfin, un artiste sorcier propose de vous dessiner des tatouages éphémères. Curieusement, la marque de Vous-Savez-Qui est l’un des grands favoris. En même temps, il y avait beaucoup de criminels en fuite…

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Cet individu est particulièrement dangereux. Ne lui donnez de Chocogrenouilles sous AUCUN PRÉTEXTE. 

Le gâteau !!

Pour clôturer la soirée, LE CLOU DU SPECTACLE : l’immense gâteau conçu par Paint Cakes sera découpé dans la Grande salle.

Il représente le château de Poudlard. Ou plutôt le domaine de Poudlard (cabane de Hagrid, Saule Cogneur, Lac et Poudlard Express compris). Vous n’avez jamais vu un gâteau pareil. Nous non plus. D’ailleurs, nous ne sommes pas tout à fait sûres de ne pas avoir rêvé. Nous suspectons fortement les organisateurs d’avoir jeté un massif sortilège de confusion sur l’Assemblée.

13063425_1421022014590474_8366734041588595113_o(Merci à Cristina pour cette photo du gâteau)

Parce que, une soirée aussi merveilleuse, ce n’est pas possible. Et un gâteau pareil, ça n’existe pas.

Bravo et merci à Paint Cakes pour cet événement magique.

Don’t let the muggles get you down. 

Note : Malgré le succès remporté par la première édition de la Wizards Secret Party, Julie vient d’annoncer sur sa page Facebook qu’elle mettait Paint Cakes en sommeil, et ce minimum jusqu’au mois de septembre, suite à quelques complications personnelles. Toute l’équipe de Mageek la soutient et lui souhaite bon courage pour la suite.
 
Pour suivre Paint Cakes : www.facebook.com/Paintcakes/
Site web : http://www.paintcakes.com

Elena, Lupiot et Tessa M.

20 000 lieues sous Paris

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Les 26, 27 et 28 février, la team Mageek tenait son stand habituel au Salon Fantastique.
Bravant la fatigue après deux dures journées de labeur (N.D.A : en fait le salon ouvrait à 11 heures… Quelle bande de feignasses !), Lizu, Lupiot, Ellia et Elena ont décidé de s’offrir une soirée geek : 20 000 lieues sous Paris.

 

Sous les pavés, les abysses ?

La soirée, orchestrée par l’association Event Division, investissait le Théâtre du Renard pour sa deuxième édition.
Cet événement étant présenté comme un prolongement du Salon Fantastique, placé cette année sous le signe des légendes abyssales, difficile pour nous d’y résister ! En effet, nous avions déjà baigné toute la journée dans les fonds marins, sur notre stand où nous hébergions les magnifiques créatures en papier mâché réalisées par Lizu (voir ci-dessous).

12788283_707373672737819_315452533_TerOKÀ gauche, la team Mageek est menacée par un calmar complètement ouf.
À droite, petit poisson des abysses avec lanterne intégrée.

… Mais ambiance art déco finalement !

Le descriptif de la soirée précisait : « Cette nouvelle édition se place sous le signe de l’Art déco, dans une ambiance inspirant Gatsby, Rapture ou encore Equilibrium. »

Compte tenu du thème de la soirée, on aurait pu s’attendre à un décor sous-marin, qui inviterait les participants à évoluer entre les hublots, les rivets et les léviathans… Mais la beauté du lieu a tout de même su nous enchanter.

Début XXe siècle, le niveau inférieur servait de salon au Syndicat de l’Épicerie française. Dans ce cadre, on imagine bien les petits patrons indépendants  en réunion, dans la pièce enfumée lorgnant leurs montres à chaînette en argent tout en maugréant contre la pression des grandes enseignes de l’alimentation. D’ailleurs, un unanime et bravache « Un pour tous et tous pour un » est écrit en gros sur la façade et communique l’esprit ouvertement fédérateur du lieu.

Dehors, dans la file d’attente pour entrer, on a d’ailleurs pu admirer les beaux cartouches sculptés aux motifs fleuris et de larges arches qui évoquent les gares de l’époque.

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La salle du théâtre. Une mezzanine permet d’embrasser le rez-de-chaussée du regard et de bien profiter du show, même quand on fait 1m60.

Pour se fondre dans le décor, respecter le dresscode était fortement conseillé. Les possibilités proposées permettaient un éventail de tenues assez large : « rétro futuriste, Belle Époque, costume inspiration fin XIXe, début XXe siècle, années 20, Prohibition, entre-deux-Guerres, steampunk, circus, clockwork, diesel punk, créature marine, pirate sous-marin, savant fou, tenue de soirée, costume et chaussures de ville… ». Tout le monde a d’ailleurs appliqué les consignes, que les costumes aient été achetés ou fabriqués.

Le bar sert des cocktails aux doux noms en rapport avec l’ambiance, mais aussi des crêpes et des assiettes de charcuterie qui paraîtront peut-être trop décalées aux puristes (« Mazette ! Pourquoi ne nous sert-on pas du kraken bouilli ??? »). Il faut en tout cas mentionner les bonnes idées de l’organisation : pour plus d’immersion, certains membres du staff jouent les personnages excentriques. Ainsi, les préposées au vestiaire offrent de décontaminer les arrivants avec une petite piqûre. Un barman volant propose sous le manteau des fioles aux couleurs vives, dont lui-même dit ignorer la composition (a priori c’était bien un barman, aucune de nous n’a expérimenté de visions psychédéliques après l’absorption dudit breuvage…).

Des animations hautes en couleur

La soirée commence doucement, avec un show boylesque, c’est-à-dire un spectacle burlesque réalisé par un homme, l’artiste Aleksei Von Wosylius, grimé de telle façon qu’un masque noir semble recouvrir la moitié de son visage. L’effeuillage se déroule entre deux pluies de roses.

Les animations ne suivent pas à la lettre le programme et il semble que certains artistes manquent à l’appel. Néanmoins on ne s’offusque pas, on a comme promis du burlesque, de la danse orientale et de la musique, avec Mansara dont la voix envoûtante nous accompagnera une partie de la soirée.

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Et que dire du clou du spectacle ? Le boylesque revient, avec l’effeuillage du lapin blanc d’Alice, très pressé de nous montrer sa carotte… On parle bien d’un accessoire, d’une carotte en plastique (ou en peluche ?), hein ! Même si on préfère vous montrer une photo plus sage, avant que les choses sérieuses ne commencent (hé hé) !

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Autre activité d’intérêt, le stand photo d’Alain Warnier qui n’a pas désempli de la soirée. Forcément, on ne s’habille pas comme ça tous les jours, donc autant prendre un peu de temps pour un joli souvenir. On s’est laissé tenter, et voilà ce que ça donne :

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Avec un respirateur à opium bronchodilatateur assemblé suivant les plans secrets du professeur Théophraste Ducolier, la team Mageek a pris la pose, en compagnie d’Anaëlle, la créatrice artiste vitrailliste dont vous pouvez retrouver l’interview dans notre numéro 2.
© Alain Warnier.

Pour visionner les autres photos de l’événement, rendez-vous sur :
http://cawphotos.free.fr/Evenements%202/index.php#folder=Evenements%202016/20000%20Lieues%20Sous%20Paris%202016

Ellia et Lizu

NanoWrimo : enfermées une nuit dans une bibliothèque…

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Le NaNoWriMo : nani ?!

Une partie de l’équipe Mageek a décidé de passer un curieux Halloween et de se livrer à un exercice de création pas comme les autres. Nous avons déjà parlé du NaNoWriMo (National Novel Writing Month) dans un précédent article mais rappelez-vous :

  • 50 000 mots/personne
  • 1 mois
  • Plus de 300 000 auteurs recensés à travers le monde

Oui vous avez bien lu. Il s’agit pour chaque participant d’écrire 50 000 mots en 1 mois (grosso modo 100 à 120 pages Word).

La question la plus courante est POURQUOI ? Pourquoi quelqu’un s’infligerait cela ? Qu’est-ce qu’on y gagne ? La meilleure réponse à la première question est peut-être : PARCE QUE. Parce qu’on peut/veut le faire. Parce que cela permet à un jeune écrivaillon de se faire les dents, d’avancer une histoire qui bloque, parce que c’est drôle de se livrer à ce défi pas comme les autres en compagnie de centaines de milliers de gens partout à travers le monde. Rien à gagner, à part la satisfaction de pouvoir dire… OH MON DIEU JE L’AI FAIT. Ou juste d’avoir avancé ou rencontré des gens très chouettes qui partagent une même passion d’ordinaire plutôt solitaire.

La soirée de lancement

Ce 31 octobre, donc, une partie de l’équipe Mageek s’est rendue à la kick-off. C’est-à-dire à la soirée parisienne pour le lancement du NaNoWriMo ! Ou comment passer une nuit blanche dans une grande bibliothèque à écrire. On vous raconte…

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La Bibliothèque Publique d’Information

Arrivées à la BPI, la bibliothèque du centre Pompidou, et après un passage obligé par les contrôles Vigipirate, nous sommes accueillies par Laure-Isabelle, l’organisatrice. Celle-ci explique à tous les arrivants en quelques minutes comment se déroule la soirée. Nous accusons un léger retard sur le planning, il faut dire que c’est la première fois que cet événement rassemble autant de monde. Le lieu changeant tous les ans, l’organisation demande aussi de l’adaptation à chaque fois. L’an dernier, par exemple, la soirée avait pris place dans les locaux des éditions Bragelonne.

Nous sommes accueillies une seconde fois, en haut des escalators par Cynthia (notre rédactrice, oui c’est bien elle) qui a infiltré le NaNo rend gentiment service en tenue d’Alice au pays des Merveilles version Halloween avec un tablier plein de saaaaaaang (et des petits fours).

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Nous passons par la case « buffet ». La plupart des participants ont amené de quoi se restaurer. Il faut tenir de minuit à sept heures du matin tout de même ! Les victuailles sont mises en commun : on recense de nombreux cakes, quiches et gâteaux et bien sûr toutes sortes de sodas, thé et café pour rester au taquet toute la nuit. Mais pas d’alcool, on n’est pas là pour picoler ! Et puis, dans un lieu aussi studieux que cette bibliothèque, ça paraîtrait inconvenant.

Nous nous retrouvons ensuite tous installés comme une bande d’étudiants en salle d’informatique. Chacun a amené son ordinateur portable. Nous ne voyons aucun carnet autour de nous, mais il faut admettre que ce n’est pas la méthode la plus adaptée au décompte des mots à la fin de l’exercice.

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On notera la présence de Spider-Man et d’un chapeau en forme de… poulet ?

Les animations commencent

L’organisatrice nous explique le principe du bingo de la soirée : chaque participant a donné un indice à propos de ses écrits à l’inscription, il faut maintenant retrouver qui se cache derrière chaque phrase mystérieuse…

Puis, nous avons l’immense honneur d’entendre chanter a capella l’hymne du NaNo sur l’air du générique de Zorro. Avec des paroles incluant « son nom il le signe à la pointe de la plume, d’un N qui veut dire NaNo ». Magique !

Le NaNo a aussi quelques mascottes dont, en France, le minuteur Cocotte et le Gator, que voici en position compromettante (ce qui ne perturbe pas notre rédactrice Lupiot, très studieuse en second plan…).

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Enfin démarre la première word war, cela consiste à taper le plus de mots possible dans un temps donné (on débute à minuit avec une tranche d’une heure).
Puis on nous lit les 3 pitchs (de romans ou autres) qui ont été élus les plus cool de la soirée, parmi ceux des participants. Les gagnants de la word war et du concours de pitchs sont récompensés par des lots.

Mais le but ultime reste le suivant : battre en word war les Norvégiens, une fois additionnés les scores de tous les participants ! Chaque année, la France se choisit un adversaire à sa taille… en 2015, c’est Paris tout seul qui affronte la Norvège tout entière !

Les tranches d’écriture s’enchaînent, entrecoupées par des pauses. Il n’est pas toujours facile de se plier à ce rythme, surtout si l’on est interrompu dans un élan d’inspiration ! Nous avons tout de même réussi à tenir toute la nuit et repartons à l’aube, le compteur de mots plus ou moins explosé, et la tête pleine de nouvelles idées à exploiter…

Ellia et Elena

Liens

Netflix Fest : vers l’infini et au-delà !!

Bienvenue dans la base spatiale !

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Si vous êtes fana de films et de séries, vous avez probablement entendu parler du Netflix Fest qui a pris place du 15 au 19 octobre derniers à Paris. Netflix a tout donné en programmant pas moins de 15 événements où films et séries étaient diffusés selon des thématiques précises.

Du « Festival des séries où les femmes cachent bien leur jeu » au « Festival du film romantique qui va t’aider pour un premier rencard », en passant par le « Festival des meilleurs épisodes de la série qui pue le chat », tout le monde y trouvait son compte. Et, coup de maître, c’était gratuit ! Enfin gratuit pour ceux qui se sont dépêchés de réserver leurs places en ligne, parce qu’elles sont parties à une vitesse phénoménale (d’ailleurs chez Mageek, on vous avoue qu’on a un peu galéré à en choper quelques-unes). Ici, point de diffusion en plein air (c’est so 2014), ou encore de salles de cinéma mornes et tristounettes, Netflix a opté pour l’originalité pour marquer le coup et le moins qu’on puisse dire c’est que ça a marché.

L’équipe de Mageek s’est rendue au « Festival des films et séries qui te donneront envie d’aller vers l’infini et l’au-delà » pour y regarder les deux premiers épisodes de la série Sense8.

La diffusion prend place à l’espace Niemeyer dans le 19e arrondissement, soit dans une base spatiale !! Armés de leurs places imprimées, les gens attendent impatiemment devant l’entrée de découvrir ce que Netflix leur a préparé. Bon point pour Netflix, on nous a déballé le tapis rouge, et nous, on se sent déjà comme des stars. Enfin, l’extase est assez courte puisque dès qu’on entre dans l’espace lui-même, l’ambiance change radicalement. On ne sait pas vraiment si c’est la lumière bleutée ou bien les cosmonautes qui nous mettent la pression… Oui, pas la peine de relire la phrase précédente, tu as bien lu. Ce sont bel et bien des cosmonautes qui accueillaient les visiteurs.

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La salle de projection !

Cet accueil surprenant nous a donné l’impression que nous allions bientôt entrer dans une attraction à sensation, un peu comme Star Tour ou Space Mountain à Disneyland Paris (vous remarquerez qu’on reste dans la thématique de l’espace même niveau coup de pression, bien joué Netflix). Les cosmonautes nous servent notre kit de survie : de la nourriture déshydratée goût Napolitan Ice Cream et une bouteille d’eau, ce que tout astronaute doit avoir pour survivre dans l’espace donc (Netflix, as-tu été en partenariat avec la NASA, dis-nous ??).

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En haut, le packaging de l’étrange nourriture en question.
Et en bas, ce que ça donnait une fois ouvert
(après un petit séjour dans un sac à main, on vous l’accorde…).

On entre ensuite dans la salle, on s’installe, et on croise même les ShowRunners, des YouTubeurs sérivores qu’il faut absolument connaître tant leurs émissions sont bonnes. Le show commence, et deux épisodes de Sense8 plus tard, nous sortons, satisfaites de notre séance de Netflix sur grand écran.

Et ce n’est pas fini ! À la sortie, les cosmonautes nous attendent pour faire une séance photo avec eux, photo que tu pouvais même envoyer à ton adresse mail. Le nôtre, ci-dessous, histoire que vous voyez enfin nos têtes.

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On nous offre également le tote bag Netflix Fest contenant un badge tout doux, ainsi qu’une affiche de l’événement dont nous sortions. Des cadeaux, toujours plus de cadeaux, GG Netflix, tu sais parler à ton public.

Grand bravo à Netflix pour ce joli festival original, innovant, et surprenant, tu nous auras effectivement donné envie d’aller vers l’infini et l’au-delà !

Maintenant, penchons-nous sur Sense8, la série qu’on a pu découvrir (ou re-découvrir pour certaines) à ce festival…

 

Sense8

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Série créée par les Wachowski (les génies derrière Matrix, entre autres) et J. Michael Straczynski, Sense8 a fait parler d’elle dès sa première saison diffusée sur Netflix…

Le show suit 8 personnages à travers le monde, qui se découvrent brutalement la possibilité de communiquer les uns avec les autres, d’éprouver ce que ressentent les autres. Un pouvoir qu’ils devront apprendre à maîtriser, pour faire face à un mystérieux ennemi commun…

Dans le paysage actuel des séries, bien trop foisonnant, il devient difficile de se démarquer et pourtant Sense8 y parvient. Pourquoi ?

Une saison à voir comme un film

De nombreux pilotes sont produits de manière à vendre les épisodes suivants. Ils mettent le paquet dès le départ, en dévoilant le plus possible d’éléments attrayants et représentatifs de ce qui attend le spectateur plus loin dans la série.

Sense8, elle, prend son temps, se construit brique par brique au fil des épisodes. Le visionnage tel que le permet Netflix, c’est-à-dire en enchaînant les épisodes quasiment sans interruption, accentue ce sentiment d’avancer dans un film qui dure une saison (certes, il y a d’autres moyens de « binge watcher » de la sorte… Mais Netflix est quand même bien confortable !).

Les deux premiers épisodes installent doucement les personnages dans leur environnement, livrent des indices sur la dimension fantastique/S.-F. de l’œuvre, et imprègnent déjà le spectateur de cette mise en scène particulière, contemplative et intrusive.

La série mise sur l’empathie. Si les 8 personnages principaux ressentent les émotions partagées au sein de leur cercle, tout est fait pour que le spectateur soit plongé, lui aussi, dans l’intimité des protagonistes. On est bercés par la musique, les sentiments sont criés haut et fort, on nous livre des scènes de sexe et de violence, souvent de façon crue. Le public se retrouve pris, comme un passager clandestin, dans le cercle des 8.

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Les 8 protagonistes

D’ailleurs Netflix aurait pu exploiter cette idée de communication sensorielle pour son festival en proposant des interactions jouant sur le son, les odeurs ou le toucher. Certainement un peu ambitieux pour une série et un festival qui démarrent, cependant.

Critiques justifiées : une série de clichés ?

À l’image de son générique (une compilation de « scènes de cartes postales », assortie d’une musique qui se veut mystique et troublante), la série est-elle une suite de lieux communs, assaisonnée de paranormal ?

Les personnages présentés paraissent, à première vue, des clichés associés à leur milieu culturel ou leur pays d’origine. Par exemple : une Asiatique prodige en arts martiaux, une Indienne tiraillée entre modernité et tradition, un flic américain un peu justicier sur les bords, un Mexicain viril qui cache son homosexualité, etc.

Et alors ? Ils sont attachants. Leurs mésaventures personnelles débordent sur l’intrigue de science-fiction. Cela aurait pu être dérangeant, mais non, on apprécie de suivre leur évolution, leur combat (car chacun est aux prises avec ses démons, parallèlement à la découverte de son étrange « pouvoir »).

Des choix militants ?

La série assume totalement de mettre en avant des sexualités peu représentées : couples homosexuels, transsexualité.

La présence de Lana Wachowski (trans MtF) à la création porte à croire qu’il ne s’agit pas de choquer des spectateurs peu habitués pour faire le buzz, mais que ce choix est bien une démarche militante. Que l’on ne peut que saluer !
Le choix de donner de la visibilité à des acteurs de nationalités diverses est également rafraîchissant.

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Lana Wachowski
Photo par Astrid Stawiarz/Getty Images pour The New Yorker.


Sora et Ellia

Manoir, mon beau manoir

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Quoi de mieux qu’un vendredi 13 au soir, pour se donner des sueurs froides ?

C’est accompagné de deux filles et de deux garçons que je décide de prendre mon courage à deux mains et d’aller me confronter à l’une de mes peurs les plus profondes : le noir. Celui qui hante vos cauchemars, l’obscurité dans la cave de votre grand-père ; grand-père qui vous demandait d’y aller chercher le Viennetta parfum chocolat pistache dans le congélateur. « Mais Papi, il y a le clown en bas qui m’attend avec un ballon ».
« Mais non c’est dans ta tête, voyons » me répondait-il en souriant, comme s’il était complice de ce qui allait se passer. Vous voyez de quelle angoisse je veux parler ?

J’ai donc la merveilleuse idée ce jour-là d’aller au Manoir de Paris. Ce lieu si méconnu de la capitale est une maison hantée grandeur nature. À l’intérieur, une trentaine de comédiens plus flippants les uns que les autres, vous font revivre les légendes urbaines de Paris dans un bâtiment classé monument historique. Mais pour ce soir si particulier baptisée la Dark Night, les bougies s’éteignent et vous n’avez le droit qu’à un bâton lumineux façon sabre de Luke Skywalker, pour vous éclairer dans les 1000 m2 de surface hantée.

Et là vous l’entendez, tapi dans l’ombre, ce bruit de respiration forte, tchhhhhhhh, tchhhhhhhh, c’est lui, Papaaaaaaaaa. Ah non, ce n’est qu’un individu avec un masque de clown fort sympathique. Ça vaaaaaaaaaa. Puis la lumière diminue encore plus et vous sentez que l’on vous attrape les pieds. « Non, ne me laissez pas seule derrière », crie une de mes amies.

Le problème, c’est que le danger surgit de nulle part dans ces dédales couverts d’une épaisse fumée. « Je veux ma maman » dit alors une voix d’enfant qui vous rappelle à quel point la marmaille peut être terrifiante façon Les Autres avec Nicole Kidman. « A droite », « Non c’est à gauche », « Mais non c’est à droite je te dis AAAAAAAAAAAAH » quand tout à coup l’un de vos amis se fait capturer par un être sans peur et sans vergogne. « Tu ne doiiiiiiiis pas toucher les acteeeeeeeeuuuuuuuurs !!!! » hurle la voix qui s’empare de notre acolyte dans les bas-fonds de la maison.

« Maaaaaaaaauuuuud. Tu es toujours vivante ? ». « Oui tout va bien », entend-on de loin. Culminant à 1m50, c’est celle d’entre nous qui a eu le moins peur durant cette expérience. Comme dit le proverbe, la taille ne fait souvent rien à l’affaire.

Alors je ne vous cache pas, qu’entre mon bras qui était lacéré par mes amis et moi-même qui lacérait le bras de mes amis, difficile de se rappeler exactement du parcours dans ce labyrinthe de Pan. Vous perdrez en tout cas cinq kilos de flotte, à force de transpirer de peur.

Pour ceux que cela tenterait, comptez 25 euros la place et 20 pour les moins de 16 ans. Ouvert chaque semaine, du vendredi de 18 à 22 heures, samedi dimanche de 15 heures à 19 heures.

Le Manoir de Paris, 18 rue du Paradis, 75010 Paris. Metro ligne 7 Cadet ou Poissonnière.

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Crédits photos : © Le Manoir de Paris / Frédéric RIVOIRE