Interview Corin Nemec (Parker Lewis, Stargate…)

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Il est l’ambassadeur du cool pour toute la génération Club Dorothée qui l’a découvert avec Parker Lewis ne perd jamais, sitcom relativement géniale qui a atterri dans nos téléviseurs français, dans les années 90. Mais Corin Nemec, que d’autres ont connu grâce à Stargate SG1, est aussi un comédien à l’humour assez fin, assez malin pour vivre de ce qu’il aime faire dans la vie.
Présent à Paris Manga le 4 octobre dernier, le beau gosse a accepté de répondre à ces questions qui nous taraudent depuis des années. 

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Mageek : Il y a beaucoup de fans de Stargate qui viennent ici à Paris Manga pour vous voir dans ce cadre, mais saviez-vous que la plupart des Français vous connaissent pour la série Parker Lewis ?

C.N. : Oui ! J’étais même au courant de l’énorme succès de la série en France avant même d’avoir l’occasion de venir chez vous. Ça a très bien marché en France mais pas seulement, Parker Lewis a également réalisé de très bons scores en Allemagne, en Italie et en Espagne. Et vous n’allez pas me croire, mais c’était aussi devenu le show numéro un en Israël ! C’était incroyable ! La production m’a dépêché là-bas pour assurer la promotion, c’était au moment de la troisième saison, mais ils étaient encore en train de diffuser la première saison là-bas. Ce qui est fou, parce qu’aux États-Unis la série était sur le point d’être stoppée. Heureusement, ils ne l’ont pas stoppée avant que je me rende là-bas ! Imaginez la situation, j’étais en Israël en train de déguster ma célébrité, alors que je savais que la série allait s’arrêter.

Pourquoi vouloir stopper la série si elle marchait aussi bien ?

Ce qui s’est passé, c’est que Rupert Murdoch a mis la main sur la Fox après la saison 2. C’est à ce moment-là que la série a subi d’énormes modifications. Entre la saison 2 et 3, on a perdu des personnages, des intrigues mais surtout, le style a énormément changé, après qu’ils ont viré les anciens producteurs et remplacé tout le staff. Ils voulaient que notre série ressemble à 90210 Beverly Hills. Je me rappelle même que les producteurs disaient que les épisodes de Parker Lewis n’avaient aucun sens. Alors que précisément, c’est ce non-sens qui faisait tout le sel de la série ! Tout ce qu’on avait à faire, c’était entrer et sortir des casiers, faire bouffer un poisson à Kubiac et c’était plié !

Parker Lewis est basé sur le film de John Hughes, La Folle Journée de Ferris Bueller, qui est culte aux États-Unis, mais ce qui est drôle c’est que ce film est relativement inconnu ici. Et pourtant, tout le monde connaît encore Parker Lewis.

Je sais, et il faut aussi savoir que les producteurs du film ont essayé de lancer une série officiellement issue de Ferris Bueller, je me souviens qu’on était en compétition avec eux. Mais ils n’ont fait que 6 épisodes et ont été décommandés. C’est vrai que nous étions aussi rattachés à ce film, mais dans un style très différent. Et finalement, c’est Parker Lewis qui a gagné, Parker Lewis ne perd jamais !

Comment avez-vous appréhendé le rôle à l’époque ? Ce n’était pas trop angoissant de marcher sur les traces de Matthew Broderick ?

Non, pas du tout, parce que comme je l’ai dit, Parker Lewis n’avait presque plus rien à voir avec Ferris Bueller. Donc je n’y pensais pas, Parker Lewis était un concept tout à fait nouveau, frais et original. Et j’ai eu le rôle après avoir joué dans un show télé avec Eddie Murphy qui s’appelait What’s Alan Watching?. C’est CBS qui avait produit cette comédie, un truc très étrange qui parlait d’un gamin qui interagissait avec la télé et entrait en contact avec le public. J’étais très jeune quand je l’ai fait, je devais avoir 15 ans. Et il se trouve que les producteurs de Parker Lewis étaient des fans malades de ce show. Et donc quand ils ont eu le feu vert de la Fox pour lancer leur série, ils n’ont pas hésité une seule seconde et ont décidé que ce serait moi qui aurais le rôle principal. Pourtant, ma seule expérience d’acteur, mis à part ça, était Webster, une série à propos d’un gamin noir adopté par une famille blanche. Je jouais le cousin du héros principal. Et j’avais gardé un souvenir tellement atroce de ce tournage, sûrement dû au style de ces comédies, les sitcoms. Les caméras multiples et la rengaine « réplique, réplique, blague » qui se répète sans cesse. Je ne suis pas inspiré par ce système et je n’ai pas ce rythme, il faut que je croie un minimum à la situation que je joue. Et sincèrement, quand ils m’ont choisi pour Parker Lewis, je ne voulais pas le faire ! Mais ils m’ont promis que ça n’aurait rien à voir avec ça, et que ce serait beaucoup moins formaté. Leur référence cinéma était Three O’Clock High (3 heures, l’heure du crime), et il se trouve que j’adorais ce film ! Donc, avec cette référence, ils ont immédiatement réussi à me mettre en confiance.

Le personnage de Parker Lewis est génial, mais soyons honnêtes. Ce n’est pas un mec très sympa et il est souvent assez manipulateur. Est-ce que vous avez gardé certaines de ses techniques pour obtenir ce que vous voulez dans la vie ?

Non, je dirais que les moments dans ma vie où j’ai été le plus manipulateur, c’était quand j’étais producteur. Parce qu’il faut parfois être assez retors et calculateur pour faire en sorte qu’un projet décolle. Mais non, ça ne m’a jamais influencé plus que ça. Le seul genre de calcul que je fais dans la vie, c’est pour amener mes potes chez moi pour des soirées surprises.

On vous a récemment vu dans un autre registre, notamment dans des films catastrophes débiles comme Jurassic Attack, Lake Placid vs. Anaconda

Ne parlons pas de Jurassic Attack, OK ? C’était un accident.

Vraiment ? Et Robocroc ?

Non. Ça, ce n’était pas un accident. Et le meilleur que j’ai fait, c’est Sand Sharks, qui est énorme, j’ai été producteur sur celui-là.

C’est donc un choix artistique personnel de jouer dans ce type de films ?

Oui, je prends mon pied, c’est vraiment quelque chose de très fun à faire. Quand mes potes et moi avons eu l’occasion de travailler sur Sand Sharks, l’autre kif, ça a été d’apprendre que ce film est devenu le deuxième plus joué après Sharknado sur SyFy. On est un peu le cousin adoptif moche de Sharknado, ce qui est encore plus marrant, finalement.

Ce n’est pas la première fois qu’on vous voit à Paris Manga. Vous appréciez de venir ici ?

Évidemment, qui serait assez stupide pour ne pas apprécier de venir ici ? Paris est magnifique et Paris Manga super sympa. Sauf peut-être les bars à Paris, qui ferment beaucoup trop tôt ! Mais bon, j’ai refusé un rôle pour venir ici. À l’origine, je devais aller dans le Montana jouer dans un film qui raconte l’histoire de deux chiens qui veulent remettre leurs propriétaires respectifs ensemble, ça s’appelle Puppy Love. Mais pour tout vous dire, je me fais plus d’argent en venant ici et puis c’est la France ! Vous croyez que j’ai hésité longtemps entre aller dans le Montana et venir en France ?

Propos recueillis par Constantin Berthelier

2 réflexions sur “Interview Corin Nemec (Parker Lewis, Stargate…)

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